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La charrue de l’esprit et les bœufs du cerveau.

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La charrue de l’esprit et les bœufs du cerveau. Empty La charrue de l’esprit et les bœufs du cerveau.

Message par patos Mar 12 Oct - 19:19

On apprend que notre cerveau se prépare à l’action bien avant que notre intention n’apparaisse à notre conscience :  le patron, c’est le cerveau et non notre pensée et notre libre arbitre comme nous le pensions jusqu’ici. Il va nous falloir réviser nos concepts concernant notre esprit, notre liberté de penser, nos intentions, …et notre rapport à la mort. 



Les psychologues cliniciens l’ont prouvé : les enfants de 3 ans font la distinction entre le vivant, animé d’intentions ou pensées,  et l’inanimé, comme une machine. Les philosophies, religions et autres façonnages éducatifs n’ont à cet âge pas encore formaté les enfants, tout en spontanéité et naturel.

Nous en déduisons que la pensée naturelle de tous les humains débute par le dualisme :  il y a d’un côté la matière, tangible, mais souvent non pérenne ( lorsque vivante ), et de l’autre les concepts, pensées, intentions, etc. Le père Platon ne nous contredira pas. Les religions actives sur terre sont environ 10.000.
Toutes, et donc y compris les grandes religions comme nos trois monothéismes, le bouddhisme populaire, l’hindouisme et le taoïsme, intègrent la notion d’âme et/ou d’esprit immatériel. L’immatériel échappe aux contraintes du matériel, et il n’y a qu’un pas de plus à faire pour penser que l’âme est immortelle, et/ou transmissible et implantable dans un nouveau corps. Descartes, assiégé de questions par la princesse Elisabeth de Bohême, a lui-même coupé court aux discussions :  l’humain est un assemblage corps/esprit, point final.

Les premières connaissances de la structure du cerveau ont permis de désigner avec aplomb le siège de l’âme :  la glande pinéale, mais la preuve manque toujours. En 1907 Duncan MacDougall cherchait à mesurer le poids de l’âme humaine, et trouvait 21 grammes. La reproductibilité de l’expérience ne fut pas au rendez-vous.

Nous maçons, bien que libres de nos croyances, avons aussi un devoir de recherche de la vérité , et un autre de connaissance de soi . Nos rituels parlent de «  soumettre notre volonté »,  ce que nous traduisons volontiers par «  soumettre nos désirs ou émotions à notre raison » . Fort bien, mais où siègent ces entités ? Comment fonctionnent elles et réagissent elles entre elles ? Les psychologies nous ont déjà un peu aidés, mais depuis peu les neurosciences apportent des preuves et des explications. Beaucoup reste cependant à faire.

Thierry Ripoll, dans son opus «  de l’esprit au cerveau », commence par expliquer que le succès du dualisme était inéluctable : non seulement il est présent dès la plus tendre enfance, mais il est aussi intuitif ( il est vraisemblable que la formation d’une intention précède les préparatifs d’une action ), réconfortant, et bétonné par tous les animismes et religions ( qui visent elles aussi à rassurer par un récit simple, intuitif et cohérent ). Les études socio-psychologiques montrent une adhésion proche de 100% en Asie et Afrique, un peu moindre aux USA, moindre encore en Europe, mais il reste un peu de dualisme au fond de chacun d’entre nous.
L’opposé du dualisme c’est le physicalisme :  «  moi, c’est mon cerveau, et rien d’autre. »

Notons que les points de vue des deux camps ne sont pas si éloignés :
·         pour un dualiste, l’âme ou esprit exprime sa volonté, le cerveau règle ensuite les détails pratiques puis envoie les ordres d’exécution via les nerfs dans les muscles .
·         pour un physicaliste, un processus du cerveau compare des solutions à un problème et décide de la marche à suivre, ensuite il élabore et transmet les ordres vers les organes concernés.

C’est en fait un chronomètre qui a départagé les deux options. Les équipes dirigées par Soon ont en 2008 démontré que les préparatifs d’action, mis en évidence par une activité reconnaissable du cerveau, précèdent de plusieurs secondes l’apparition de l’intention à la conscience, donnant ainsi raison aux physicalistes. L’expérience est reproductible, et l’écart est net :  YAPA PHOTO ( comme on dit chez Fuji ).

Nos textes philosophiques insistent fort sur l’importance des intentions, qui semblent toujours précéder tout le reste, faisant de nous des dualistes purs et durs. Va donc falloir réviser nos positions et manières de penser !
Le premier impacté est le libre arbitre . Dans le cas du dualisme, le libre arbitre du franc-maçon semble plein, puisque l’esprit n’est pas soumis aux déterminismes matériels, et que « au commencement était l’intention ». Bon, Rousseau, et ses accusations contre la société qui rend l’homme mauvais, ont amené quelques bonnes excuses, que Freud et autres psys n’ont pas désavouées. 



Vu d’un physicaliste, le libre arbitre est plus problématique, puisque nous ne sommes que des machines biologiques, farcies de contraintes et limites. Les fanatiques du déterminisme voient même une possibilité de remonter la chaîne effet / cause jusqu’au Big Bang ! On pourrait leur opposer des éléments aléatoires dans les prises de décision , rompant le déterminisme absolu. Spinoza, déjà, avait repéré des limites au libre arbitre, découlant des limites de notre conscience : nous sommes conscients de nos désirs mais non de ce qui les provoque. Et c’est une caractéristique particulière de notre cerveau, en comparaison des autres organes, que cette opacité de fonctionnement qui fait qu’on détecte instantanément quel endroit du corps est douloureux, alors qu’en cas de dépression impossible de désigner la zone du cerveau qui souffre.

Puisque le dualisme est faux, il nous faut l’abandonner, soit, mais il y a, outre le trouble jeté sur le libre arbitre,  quelques autres conséquences gênantes à la clé.
D’abord, il faudrait aussi abandonner les religions, toutes bâties de manière indissociable sur le dualisme, y compris les paradis et enfers ( et réincarnations ) promis aux âmes après la mort. Sachant comme les religions, acquises très tôt dans la vie des humains, sont chevillées au corps de la plupart de nos frères humains, c’est un mouvement qui sera fatalement très lent.

Ensuite, il faut aussi faire le deuil des aspects anxiolytiques des croyances associées à la survivance de l’âme :  la mort du corps est aussi mort définitive de l’esprit…revoilà la terreur de la mort, si difficile à gérer. Nous connaissons la course à la survie des transhumanistes , elle n’est probablement pas plus qu’un mauvais calmant ( encore une minute, monsieur le bourreau ).

Nous reste-t-il du positif après tout cela ? Ben oui :  l’excitation et le plaisir de la recherche de la vérité ( scientifique, philosophique ), dans toute sa complexité : passionnant, non ? Toujours plus que des vérités révélées, qui étaient avouons-le un peu simplistes :  personnellement, l’âme indétectable me laissait sur ma faim. « La franc-maçonnerie a pour objet…la recherche de la vérité ».

Bonne recherche !
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Message par YNRJ Mer 13 Oct - 13:36

Intéressant patos, j'ai toujours considéré le libre arbitre comme un concept bancal.
Pour le reste, il y en a vraiment qui sont terrorisés par la mort ? Aux vues de la corona-folie ambiante, il faut croite que oui.
Hmm, au moins des personnages comme Jésus ou Bouddha ont "appris" à ne plus la craindre. Qu'il y est quelque chose ou pas après, d'ailleurs !...

A bien y réfléchir, c'est la peur la plus irrationnelle qui soit.
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Message par patos Mer 13 Oct - 23:14

Tout de même   la peur de l'inconnu,  de l'impuissance,  de la douleur,  du froid, de l'obscurité...tout ça on l'a chevillé au corps, depuis tout-petit,  bref je trouve la peur de la mort normale


Dernière édition par patos le Jeu 21 Oct - 9:48, édité 1 fois
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Message par Luciole Mer 20 Oct - 19:16

C'est plutôt la crainte de louper quelque chose qui vaille la peine.On craindrait moins la mort si l'on pensait que la vie continue,pareille.
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Message par patos Jeu 21 Oct - 9:50

les études psycho-socio ont montré une peur de la mort plus intense chez ceux qui estiment ne pas avoir réalisé tout ce qu'ils auraient voulu.

Bref : il vaut mieux avoir grimpé au sommet de la pyramide de Maslow pour pouvoir mourir en paix
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