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je vous remets un coup de gnôse ?

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Message par patos le Jeu 8 Oct - 9:55

un autre résumé par Solange Sudarskis la lyonnaise


Du grec γιγνώσκω, gignốskô, apprendre, connaître. La Gnose est, au premier chef, une doctrine traditionnelle d’éléments constitutifs cosmogoniques et métaphysiques


Science ésotérique et mystérieuse qui propose à ses adeptes de connaître le secret de l'univers ; elle enseigne l'ultime raison des choses et initie l'homme aux lois par lesquelles le monde invisible ou spirituel est uni au monde physique ou matériel. La Gnose pourrait être «la connaissance dans toutes les directions», «G» pour ce que l’on sait, et N.O.S.E pour Nord, Ouest, Sud et Est.


La gnose n’est ni athée, ni fanatique, ni agnostique, elle est une recherche intérieure personnelle à la rencontre de l’Absolu qui est objet de connaissance, pour cela il faudra se libérer du monde matériel, en pratiquant le non attachement afin de se sortir de tous ces enfermements que le monde moderne nous propose, et provoquer une catharsis libératoire. Il ne faudrait pas confondre la démarche gnostique et la voie mystique. Si la démarche gnostique est solaire, virile, diurne, apollinienne et autocratique, la voie mystique est chtonienne, féminine, nocturne et dionysiaque comme l’affirme Raymond Abellio dans son livre La nouvelle gnose.

La gnose a puisé sa doctrine dans les philosophies et religions de l'Inde, de la Perse et de l'Égypte. Elle est à envisager comme une philosophie intermédiaire entre le néoplatonisme et le christianisme et a, naturellement, avec ces deux doctrines de nombreux points de contact.


L'idée d'une Connaissance supérieure, qui permet de comprendre et de saisir la nature de l'être Suprême, fut nommée Gnose et se trouve dans la Doctrine de Pythagore qui avait puisé ses idées en Orient, principalement en Égypte. Les Gnostiques firent aussi beaucoup d'emprunts à l'École Juive de Philon avec son système d'allégories qu'ils adoptèrent. Les Gnostiques admettent, comme Philon d’Alexandrie, que la Lumière est la source d'où émanent les rayons qui éclairent les âmes et ils en firent, comme lui, l'âme du monde qui agit dans toutes ses parties. La plupart des chrétiens gnostiques voient Jésus-Christ, non comme un dieu, mais comme l’homme qui éclaire ce chemin ; Bouddha et Mahomet sont perçus de la même façon par leurs fidèles.


Pour la gnose islamique, le soufi est celui qui cherche à transcender le domaine des formes, à passer de la multiplicité à l’unité, du particulier à l’universel. Il abandonne le multiple pour l’Un, et ce processus même lui apporte la vision de l’Un dans le multiple. Pour lui toutes les formes, y compris les formes religieuses, deviennent transparentes et lui révèlent ainsi leur origine unique


Les diverses Écoles gnostiques, dont les fondateurs furent Bardesane, Basilide, Saturnin et Valentin eurent la Syrie, l'Égypte et l'Asie Mineure comme principaux foyers de leurs enseignements. De toutes les Écoles gnostiques, c'est celle de Syrie qui est la plus ancienne. Toutes ou presque professaient, à quelques variantes près, la même doctrine, à savoir que l'origine du monde intellectuel et du monde inférieur étaient, l'une une émanation de l’être Suprême, l'autre une création du Démiurge.


Maître Eckhart définit ainsi le gnosticisme : «Pour les gnostiques le monde sensible a été créé par une puissance mauvaise qu’ils appellent démiurge. Ce démiurge cache l’existence du Dieu transcendant et bon qui est la source du monde spirituel. La gnose a pour objet les mystères du monde divin et des êtres célestes. Elle prétend révéler à ses seuls initiés le secret de leur origine et les mystères conduisant à la rejoindre.» Le gnosticisme est une apocalypse, une «révélation». Il n’est rien d’autre que le «dévoilement» d’une protologie (décrivant les origines du mal et du monde), d’une sotériologie (décrivant la venue d’un sauveur) et d’une eschatologie (décrivant le sort final des élus).

Le schéma gnostique d’évolution pourrait être le suivant :

~ Niveau de la Matière : les Hyliques, esclaves prisonniers de la grotte de Platon, retenus par les chaînes de l’ignorance, incapables d’aller au delà de l’apparence et dont la pensée reste au niveau du geste et du rite confondant le mot et l’esprit.

~ Niveau de l’Esprit : les Psychiques, qui ont fait évoluer leur intellect et leur affectif, mais leurs mots n’aboutissent pas à l’idée claire et juste car l’intolérance, les passions et la peur, les aveuglent.

~ Niveau de l’Âme ou du Spirituel : les Pneumatiques qui sont les mystiques éclairés et initiés, ayant abandonné les préjugés, les fausses certitudes et valeurs, libres de la pesanteur de la matière. Ils sont capables de retrouver le sens perdu de la Parole et ont accès à la Gnose en s’élevant au niveau du spirituel.


La gnose considère que faire l’expérience de la naissance de Dieu dans les profondeurs du cœur ne nécessite aucune aide extérieure. Elle n’est atteinte que par le travail et la dévotion totale de l’âme à l’esprit divin.


Un des livres fondateurs des gnostiques est la Pistis Sophia, au titre initial de Les rouleaux [livres] du Sauveur. La Pistis Sophia prétend faire un compte rendu des échanges que Jésus eut avec ses disciples durant les douze années qui suivirent la Résurrection. Les disciples et les saintes femmes paraissent tour à tour en scène, et proposent des questions à Jésus qui y répond selon les données gnostiques. Ces questions touchent à la cosmogonie, la théorie des émanations, la nature et la hiérarchie des esprits, l'origine du mal. Avant la découverte de Nag Hammadi (Les rouleaux et les fragments trouvés dans les grottes de Qumran en 1947 datent du IIe siècle avant notre ère jusqu'à l'année 68), un petit nombre de textes sources gnostiques était déjà connu. Aux XVIIIe et XIXe siècles, trois codex avaient déjà été découverts, le codex Askewianus/Askew, le codex Brucianus et le codex de Berlin (codex Berolinensis), chacun donnant un aperçu de la tradition de la gnose des premiers siècles de notre ère.



On emploie le mot «gnose» au sens large pour évoquer une connaissance relativement réservée ou secrète dont la possession transforme ceux qui la détiennent et leur apporte un véritable salut intellectuel en les faisant accéder, autant qu’il est possible, à un ordre de réalité supra-sensible ce qui provoque une confusion avec le New Age.


Les gnoses contemporaines sont davantage «cosmolâtres» s’appuyant sur la science quantique. La nouvelle gnose qui, selon Ruyer, se développerait chez certains savants de Princeton, paraît bien être le contraire même du gnosticisme : «Le monde extérieur qui nous est familier n’est que l’Envers multiforme d’un Endroit unique et fondamental qui en est la base essentielle. En outre, cet Endroit existe sous la forme d’un champ de conscience cosmique de nature spirituelle.». Il propose une sorte de nouvelle religion, effectivement pratiquée, dont les dogmes, où plutôt les articles de foi fondamentaux, seraient fournis par les données de la physique contemporaine.


C’est ce qui faisait dire à Heisenberg, l’un des fondateurs de la mécanique quantique : «Ce que l’on observe n’est pas la nature en soi, mais la nature telle que l’expose notre méthode pour interroger» et il ajoutait «que l’interaction entre l’observateur et l’objet provoque des changements conséquents et incontrôlables qui modifient le système observé».En d’autres termes ce qui importe c’est ne sont pas sujet et objet, mais la relation qui s’établit entre eux. Platon avait dit la même chose dans son Théétète, dans ce passage où il montre que la perception que nous procurent nos cinq sens ne peut accéder à ce qui est. Il écrivait : «C’est dans leurs approches mutuelles que toutes choses naissent du mouvement sous des formes de toutes sortes, car il est impossible de concevoir fermement l’élément actif et l’élément passif comme existant séparément, parce qu’il n’y a pas d’élément actif, avant qu’il soit uni à l’élément passif…


Il résulte de tout cela que rien n’est un en soi, qu’une chose devient toujours pour une autre et qu’il faut retirer de partout le mot être... Il faut dire, en accord avec la nature, qu’elle est en train de devenir, de se faire, de se détruire, de s’altérer.» La vie n’est qu’échanges d’énergies, la raison apparaît comme la borne de l’encerclement de l’énergie. On peut en conclure qu’il est donné à chacun de choisir d'être au cœur des choses ou à leur périphérie.


La gnose propose une révélation intérieure qui découvre le véritable soi différent du moi.

En tant que questionnement sur l’origine et les causes de l’univers et de la vie, la gnose est une des voies de connaissance privilégiée qui a inspiré beaucoup de francs-maçons. Dans Histoire de la magie, Eliphas Lévy écrit : «La Franc-Maçonnerie c’est la gnose… Ils ne comprennent même plus leurs tableaux symboliques, et n'entendent plus rien aux signes hiéroglyphiques, dont sont historiés les tapis de loge. Ces tableaux et ces signes sont les pages du livre de la science absolue et universelle. On peut les lire à l'aide des clés kabbalistiques.»

Le Grand Architecte de l’Univers de Newton, tel qu’il se voulait, semble une bonne représentation de la gnose vertigineuse qui se dégage des dernières découvertes scientifiques en astrophysique et en connaissance de la matière.


«La gnose est l’essence et la moelle de la Franc-Maçonnerie» (Albert Pike, Morale et dogme du rite écossais ancien et accepté de la Franc-Maçonnerie, 1871).

Gnosticisme

Déceler toutes ses croyances, comprendre en quoi on les prend pour des vérités, faire l’expérience en soi de la vérité. On peut donc dire qu’Adam et Ève furent les premiers gnostiques puisque, après avoir été interrogés par le serpent (déceler), ils firent l’expérience de manger le fruit défendu sans mourir (vérité) comme le créateur l’avait laissé entendre à Adam (croyance).

Constatant que le corps de chair, de la conception à la mort, est livré à la corruption, les gnostiques ont pensé qu'il y avait en l’homme un principe distinct de ce corps mauvais, l'âme, qui, lui, était bon. Il ne restait plus qu'à diviniser le principe du bon, à substituer un Dieu bon et unique aux dieux multiples, polymorphes et souvent immoraux des religions polythéistes, et à attribuer à un autre que Lui la création du monde : le dualisme gnostique était né. C'est dire aussi que le gnosticisme est bien antérieur au christianisme, auquel on l'associe souvent et qui subira en effet très fortement son influence, au moins en ses débuts.


Selon les kabbalistes juifs, la gnose remonterait même à la création du monde : les Élohim créent tout d'abord la lumière, et ils la créent au moyen de leur parole ; puis ils la séparent des ténèbres. Pour d’autres, c'est la lumière, émanation des Élohim, qui est leur souffle dont il est écrit qu'il «ventait sur la face des eaux».

Adam, pour quelques gnostiques, n'est le premier homme qu'au sens matériel, créé sur le modèle de l'Adam kadmon, l'Homme primordial archétypique que Dieu portait depuis toujours dans sa pensée et qui s'identifierait, pour certains, à l'Osiris égyptien.


L'Égypte antique semble avoir été le creuset où se sont amalgamées les traditions de l'hyperborée, des Ases et de l'Atlantide. La doctrine qui en résulta aurait été recueillie par Moïse à une époque où elle s'était dénaturée en un polythéisme vulgaire sous les successeurs d'Aménophis IV, dit Akhénaton. Moïse la transmit lui-même à Josué et ce dernier à ses successeurs. Le roi Salomon, à son tour, initiera Hiram son maître d’œuvre. Par les Phéniciens, la tradition gnostique passa en Grèce, où elle se développera sous la forme de l'orphisme, lequel inspirera Pythagore et plusieurs autres philosophes.


Ce mouvement spirituel affirme que toutes les religions du monde, tous les rituels et les déités ne sont que les masques d'une seule et même vérité transcendante, laquelle serait insaisissable parce qu’inconnaissable.

Basilide, l'un des fondateurs du Gnosticisme, admettait deux principes indépendants l'un de l'autre, celui du Bien et celui du Mal ou de la lumière et des ténèbres.


Le principe du bien, le Dieu Suprême, le Logos, forme avec ses perfections ou puissances au nombre de sept, la bienheureuse ogdoade, les sept perfections ou Puissances dans lesquelles le logos se reflète, qui sont à leur tour reflétées dans sept nouvelles Puissances qui en émanent et desquelles il en émane d'autres, qui les reflètent toujours mais plus faiblement ; ces émanations sont au nombre de 365, qui forment 365 mondes ou Cieux. Ce dieu suprême de la gnose unissait en lui, les 365 dieux secondaires qui présidaient aux jours de l’année. Les gnostiques le désignaient par des périphrases comme «Celui dont le nombre est 365». De lui procédait le pouvoir magique des sept voyelles, des sept notes de la gamme, des sept planètes, des sept métaux (l’or, l’argent, l’étain, le cuivre, le fer, le plomb, le mercure), des quatre semaines du mois lunaire. Quel que fût le nom de l’ineffable, le gnostique était sûr que ce nom participait des deux nombres magiques 7 et 365. À cette fin, en combinant ces deux nombres, Basilide forgea le mot Abraxas(αβραχασ) qui a sept lettres et dont la valeur numérique en grec est 365.

L'idée gnostique est encore présente au sein du bouddhisme, du judaïsme avec la Kabbale, de l'Islam avec l'ismaélisme.



L'idée dominante serait que le gnosticisme est une adaptation juive des anciens Mystères païens. Les premiers fondateurs, et parfois leurs successeurs, s’étaient présentés comme des prophètes ou des incarnations de puissances célestes. L’enseignement ésotérique aux fidèles portait sur le symbolisme du baptême, de l’eucharistie, de la croix, sur les archanges et sur l’interprétation de l’Apocalypse. L'enseignement gnostique était secret dans le sens qu'il se transmettait de manière orale. Pour éviter d'être repérée, la Gnose se dissimulait, évitant d'imposer des manières de vivre voyantes. Une fois la religion d'État instituée par Constantin, le christianisme se serait séparé d'éléments considérés comme déviants, fermant les temples antiques, interdisant les cultes à Mystères et détruisant ou falsifiant les textes. Ces textes perdus auraient peut-être pu donner une vision différente de l'Antiquité, de la Gnose et du Gnosticisme.

Enfin, tout comme le christianisme se répand par la thaumaturgie, la gnose attire par la magie et l'astrologie, très répandues au début de l’ère chrétienne, qui tiennent une place très importante dans leurs écrits. Les survivances de la gnose philosophique se trouvent surtout dans la littérature alchimique, notamment les textes attribués à Hermès Trismégiste.




Les rites étaient divers, les uns individuels, les autres collectifs, destinés aux divers échelons des initiés, et donc plus ou moins secrets. Il y aurait eu trois grades : les «commençants», les «progressants» et les «parfaits». Les parfaits sont voués au respect de tous les préceptes de la Gnose et leur identité première s'efface devant quelque surnom mystique.
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