Le soufflet et le duel.

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Le soufflet et le duel.

Message par Saréga le Dim 15 Mai - 9:49

Pourquoi, à l'époque où les duels étaient permis, souffleter quelqu'un de noble naissance entraînait un duel ?
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Re: Le soufflet et le duel.

Message par Ijja le Mar 17 Mai - 19:31

Alors, je m'avance à pas prudents et je sollicite ma mémoire scolaire.

Il me semble qu'avant l'étape du soufflet il y avait le propos ou l'attitude perçus, comme insultants ou déplacés. Uniquement de noble naissance donc apparemment mais aucune idée de la raison.
Une tentative improbable: les aristocrates, au moment où se formait la notion de gens de noble naissance, et après, avaient dans leurs engagements de défendre le roi, le pays, la cité, la bourgade dont ils étaient la tête, donc une mission "militaire" d'ordre et de préservation. Alors souffleter qqn de noble pourrait être interprété comme une remise en cause non seulement de l'individu, de la catégorie sociale à laquelle il appartient et par suite de l'ordre social et royal, ainsi que du pouvoir royal et seigneurial sanctionné immédiatement par un duel, la mort potentielle.





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Re: Le soufflet et le duel.

Message par Jean-Dominique le Mar 17 Mai - 19:41

La gifle, c'est pour les enfants ou pour les femmes. Ce n'est pas une violence d'homme et c'était vu comme dégradant dans l'esprit chevaleresque, comme si on traitait l'homme tel un enfant ou une femme. Comme les chevaliers portaient des gants (cheval), on ne prit même plus la peine de gifler mais de jeter le gant à la figure pour provoquer un duel, sorte de gifle à distance.

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Re: Le soufflet et le duel.

Message par Saréga le Mer 18 Mai - 9:20

Oui, il s'agit bien d'image de soi et de hiérarchie. Voilà ce qu'en dit Montesquieu dans "l'Esprit des Loix" : les nobles combattaient habituellement la tête protégée par le heaume ou le bassinet, donc rarement blessés au visage; au contraire, les manants combattaient le visage découvert et étaient donc parfois blessés. Gifler un noble, c'est à dire le blesser, par analogie, au visage, le rabaissait au rang du manant. Quelle insulte ! Montaigne donne un autre motif de duel très répandu à son époque : le démenti. Si quelqu'un affirmait une chose, et si une autre l'en traitait de menteur, c'était le déconsidérer puisque sa parole devenait deshonnête. L'offensé était celui qui était traité de menteur, qui souffletait son contradicteur, ce qui finissait par un duel pour exercer son démenti, prouver sa bonne foi. Presque l'ordalie.
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Re: Le soufflet et le duel.

Message par Guizmo le Mer 18 Mai - 9:27

Peut on faire une analogie avec le culte de l'honneur chez les samouraïs ?
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Re: Le soufflet et le duel.

Message par Saréga le Mer 18 Mai - 12:14

Le principe du despotisme est la crainte, celui de la monarchie est l'honneur et celui de la république est la vertu.
La vertu, l'honneur et la crainte sont le ressort du gouvernement, son principe qui le fait agir. Montesquieu.
Je suppose que ces principes sont les mêmes partout, y compris au Japon, qui est toujours un royaume.
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