psychanalyse jungienne

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Message par giraudet le Mer 24 Juil - 9:13

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" Je ne suis pas celui que je croyais être jusqu'à maintenant, je ne suis pas celui que j'appelle être moi, je ne suis ni mes projets, ni l'image que les autres et moi-même ont de moi, je suis un inconnu et je me cherche"

Jung

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Re: psychanalyse jungienne

Message par Mandala le Mer 24 Juil - 9:34

Bonjour Giraudet.
Peux tu donner les références de cette phrase .
Bonne journée .

Mandala
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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Mer 24 Juil - 9:48

Bonjour Bleu,

Pour l 'instant je ne puis que te donner le lien du site "Psychanalyse jungienne" sur Facebook : lien :[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] mais je viens de leur poser ta question sur leur page..

Très bonne journée à toi aussi !

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Re: psychanalyse jungienne

Message par Thot le Jeu 25 Juil - 19:36

Jung est à la mode chez moi ces temps-ci.
Mon père lit son livre sur l'alchimie, et ma mère le cite à table...
Une lecture de sa bio sur wikipédia m'a fait comprendre que c'était un grand homme (j'avoue le découvrir totalement...).

Si je devais "m'attaquer" au personnage, que me conseilleriez-vous ? Une biographie ? directement un de ses textes ? lequel ?
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Re: psychanalyse jungienne

Message par le murmu le Jeu 25 Juil - 22:48

"l'homme a la decouverte de son ame" pour la théorie et "Ma Vie" pour sa pensée profonde...
deux lectures qui m'ont changé l'existence!!!
Belle initiation.
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Re: psychanalyse jungienne

Message par Mandala le Jeu 25 Juil - 22:55

Je confirme . Bonne lecture.

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Re: psychanalyse jungienne

Message par ishto le Ven 26 Juil - 7:51

Thot a écrit:Jung est à la mode chez moi ces temps-ci.
Mon père lit son livre sur l'alchimie, et ma mère le cite à table...
Une lecture de sa bio sur wikipédia m'a fait comprendre que c'était un grand homme (j'avoue le découvrir totalement...).

Si je devais "m'attaquer" au personnage, que me conseilleriez-vous ? Une biographie ? directement un de ses textes ? lequel ?


un direct dans le foie, puis, coup de genoux menton et achèvement de l'oeuvre par rupture des cervicale avec le coude. Mais attention: le personnage est souvent fictif, il faut frapper lors de ses brefs moments de réapparition c'est à dire entre deux absences généralement très longues. Il s'agira donc de savoir faire durer l'impatience pour être prêt à en venir à bout.

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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Ven 26 Juil - 12:42

Elle est bien drôle !Smile Merci Ischto !

Pour apprendre à le repérer dans la foule hétérogène des psychothérapeutes je propose cette photographie :

En fait elle est trop grande pour le post ..je donne le lien :[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Sam 27 Juil - 0:26

Un autre ouvrage important à signaler :
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Deirdre Bair

Jung

__Lien :[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]_______________________________

Ce livre est un événement. Dès sa première parution en anglais, il y a quatre ans, il s’est révélé indispensable pour tous ceux qui attendaient un tel ouvrage, aussi bien documenté et impartial que possible. L’auteur, Deirdre Bair, est une universitaire américaine à laquelle on doit déjà des biographies très remarquées de Samuel Beckett, de Simone de Beauvoir et d’Anaïs Nin. J’ai rédigé le compte-rendu qu’on va lire à la demande du Journal of Analytical Psychology, qui l’a publié dans son volume 49, n° 5, de novembre 2004. Je l’ai laissé inchangé pour cette parution en français - en indiquant cette fois, bien sûr, les pages de l’édition française, en y faisant à peine une ou deux retouches de détail, et en y ajoutant simplement quelques notes.

Pour écrire ce compte-rendu, je ne me placerai pas en spécialiste de Jung, de sa vie et de son œuvre, et moins encore en spécialiste de ce type très particulier d’ouvrages qu’est une biographie. Mon point de vue sera plus simplement celui d’un analyste jungien normalement informé, et donc d’autant plus impatient, depuis longtemps, d’avoir enfin à sa disposition un livre de référence, un instrument de travail sérieusement documenté et suffisamment complet qui évite tout à la fois les élans de l’hagiographie et les pièges de la polémique qui ne nous ont que trop encombrés jusqu’ici.
Porté par cette attente et par cette impatience, je n’ai donc pas lu ce livre systématiquement, de bout en bout. J’y suis entré et je l’ai exploré dans le désordre, au gré de mes besoins et de mes questions du moment, quitte à laisser pour plus tard sur le bord de mon exploration de cet énorme livre des chapitres dans lesquels je me promets de me plonger dès que j’en aurai le loisir.

Les premiers de ses chapitres qui ont ainsi attiré mon attention sont ceux que Deirdre Bair a consacrés à la publication des œuvres complètes de Jung en allemand et en anglais, et à celle de son « autobiographie » (chap. 36, 37 et 38). Et quelle surprise tout aussitôt ! A propos de l’ « autobiographie », notamment. Je connaissais, bien sûr, grâce aux écrits de ses premiers biographes et surtout grâce aux travaux de Sonu Shamdasani, les ambivalences et les réticences de Jung lorsque la commande lui en a été faite, et aussi les diverses sources utilisées par Aniela Jaffé pour la composition de ce livre ainsi que les innombrables allers et retours et les ajustements d’écriture qui ont eu lieu entre elle-même et Jung, de même qu’une partie des interventions qui ont amené à de regrettables « omissions » dans son édition définitive.

Mais j’étais loin de bien connaître la préhistoire de ce livre, celle des tentatives successives pour réaliser le projet (p. 887-899), ni l’histoire incroyablement complexe et labyrinthique des négociations entre Aniela Jaffé et les éditeurs de l’ouvrage (p. 899-927). Ici, comme dans la plupart des chapitres de son livre, Deidre Bair s’appuie sur un nombre impressionnant de documents qu’elle cite très précisément dans les notes (171 notes pour le seul chapitre 38 de l’édition anglo-américaine, 177 pour cette édition française), certains de ces documents, dont une partie des lettres auxquelles elles se réfère abondamment, étant connus et publiés, mais d’autres étant d’accès souvent réservé, notamment les différents textes et entretiens qui ont servi à la rédaction de l’ « autobiographie » de Jung » (ce sont les Protocoles, cf. la note de l’éditeur français p. 13, et en particulier les pages 968-969), l’ensemble des archives conservées à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich que la famille Jung l’a autorisée à consulter, celles du Burghölzli, de la Bibliothèque du Congrès à Washington, de la Bibliothèque F. A. Countray à Harvard, de la Bibliothèque Beineke à Yale, de la Kristine Mann Library à New York, de Henri Ellenberger à Paris, et bien d’autres, ainsi qu’un grand nombre de documents de famille, d’interviews et d’archives privées.

On regrettera évidemment de ne pas disposer plus directement d’une partie de ces interviews et de ces archives privées, de sorte qu’à certains endroits le lecteur est contraint de se fier à ce qu’en rapporte l’auteur sans toujours connaître la source exacte de son information. Mais c’est là, je présume, le prix à payer pour une biographie qui, du fait de notre proximité avec l’histoire en question, utilise certes, pour l’essentiel, les documents écrits dont se sert classiquement l’historien avec la rigueur critique qui lui est propre, mais aussi des informations et témoignages historiographiques qui vont bientôt nous échapper, et qui sont donc particulièrement précieux, mais inévitablement soumis à des précautions particulières pour leur transmission.
Reste que les recoupements auxquels procède Deirdre Bair entre ces différentes sources de son information nous apportent des précisions très souvent inédites et extrêmement utiles. Ainsi, par exemple, le lecteur pourra-t-il s’intéresser aux différentes versions du rêve de Jung à propos de Toni Wolff après sa mort (p. 846, et note Cool. Ou au rôle qu’a joué l’usage de l’anglais ou de l’allemand dans la rédaction de cet ouvrage (p. 881). Ou, plus précisément encore, à ce que cette biographie nous apprend sur le vocabulaire retenu pour la rédaction en anglais ou en allemand d’un rêve aussi capital que celui de la cathédrale de Bâle (p. 928-931).
Toutes ces tribulations - il est même question, à plus d’un endroit, de « machinations » - pourraient nous faire douter de notre lecture jusqu’ici et de nos interprétations d’un tel événement. Mais, à mon avis, la leçon à tirer de cette information nous conduit au contraire à approfondir et à développer une approche décidément plus structurale que littérale de ce moment évidemment décisif pour la dynamique interne du rapport de Jung à l’inconscient et pour les différentes étapes ultérieures de sa pensée.

Deirdre Bair ne se lance à aucun moment dans une telle discussion. Elle rapporte les faits. Et, pour ce qui me concerne, je dois dire que si j’ai d’abord été parfois impatienté et passablement déçu de ne pas avoir un accès plus direct à une partie des informations rapportées et à leurs sources, et si j’ai d’abord craint d’y perdre une partie de mes bases et repères habituels de recherche, j’ai en définitive été bien plutôt encouragé à préciser l’analyse en effet structurale et transversale de l’œuvre de Jung à laquelle je m’étais essayé [1] en y incluant les nouvelles données apportées par ce livre à propos de la rédaction si complexe de cette « autobiographie ».

D’autres moments de cette biographie qui m’ont d’emblée intéressés sont ceux que Deirdre Bair a consacrés aux rapports de Jung sur ses vieux jours avec ses différents correspondants, et notamment, à partir de 1945, avec le Père Victor White (in chap. 35).
Ici, le portrait de Jung qui peu à peu se dégage de ce livre se précise. On le voit dans ces pages, et dans bien d’autres de cette biographie, aux prises avec les difficultés du grand âge et en butte aux incompréhensions dont à tort ou à raison il se plaint parfois amèrement dans ses lettres, en même temps que les détails de son mode de vie rapportés par Deidre Bair, notamment à propos de ses habitudes à Bollingen, ou à propos de l’organisation de la vie domestique dans sa maison de Küsnacht, nous le font percevoir bien plus concrètement que jamais jusqu’ici.

Toutefois, il m’est arrivé aussi de regretter que la biographe, en l’occurrence, se contente d’allusions succinctes à l’analyse critique du christianisme qu’il a proposée, et qui, en fait, est au centre de son œuvre tardive et par là de ses débats avec le Père White. On en vient alors à laisser son livre en attente, pour en revenir à la lecture directe de leur échange de lettres ou, surtout, à celle des œuvres de Jung postérieures à 1944, et retrouver ainsi un contact plus intérieur avec les enjeux de sa pensée, par delà la façon dont nous est présentée l’ « analyse sauvage » qu’il s’est permise de son ami et de ses rapports avec l’ordre des dominicains au moment et après leur rupture [2]
A propos de la vie quotidienne de Jung, dans le même chapitre, et aussi tout au long de cette biographie, le lecteur apprendra une foule de choses sur la vie de la famille Rauschenbach au moment de la rencontre de Jung avec Emma, sur le rôle d’Emma au Burghölzli, puis à Küsnacht, et sur la perception qu’ont pu en avoir leurs enfants, sur leurs réactions respectives à l’égard de Toni Wolff, ou sur la présence de la grand’mère Preiswerk dans la maison (chap. 22).

L’écriture de Deirdre Bair se fait alors de plus en plus vivante, et même vive, plus allègre, par exemple aussi lorsqu’il s’agit des visites des Jung à Freud (chap. Cool, ou lorsqu’elle relate les tensions entre les époux (chap.11). Cette vivacité de ton, qui traduit un vrai plaisir d’écrivain, se retrouve dans la rédaction des titres de chapitres, souvent inventive, intrigante, avec cet avantage que le lecteur peut, d’une étape à l’autre de sa fréquentation de ce livre, retrouver en partie l’élan et les surprises d’une vie qui avance. [3]
Ici le livre de Deirdre Bair vient prendre le relais de ce que nous avons pu lire sous la plume de Barbara Hannah, qui reste à l’évidence une source irremplaçable pour notre connaissance de Jung, en tous cas de son point de vue d’accompagnatrice et de collaboratrice dévouée et attentive, mais, dans cette biographie, le souci d’objectivité factuelle nous rapproche encore des conditions de vie de Jung à tous les âges, avec, à chaque page, une précision souvent précieuse.

A ce propos, je présume que certains familiers de Jung s’étonneront, et sans doute pourront être choqués, qu’on leur fasse part de détails qui parfois font obstacle à la lecture, ou qui relèvent de la vie la plus privée (par ex. p. 858). Le livre de Deirdre Bair est évidemment loin de céder en aucune façon à la chronique scandaleuse où s’est complu toute une partie des polémistes qui se sont, y compris récemment, attaqués à Jung. Les pages, très équilibrées, qu’elle consacre à sa relation avec Sabina Spielrein au contraire apportent un point de vue nuancé sur les faits, comme sur la personnalité de Jung à l’époque (chap. 7, 8, 10, 11, 19).
Reste que la question qui ici se pose est celle de savoir si le biographe doit ou non respecter une limite dans la relation des données dont il dispose. Ce qu’on a appris, très précisément, des souffrances physiques de Freud dans sa vieillesse militerait en faveur d’une information aussi complète que possible. Mais il faut remarquer que c’était, dans ce cas, y compris à travers ce qu’en a révélé son médecin, une contribution indéniablement précieuse à une meilleure compréhension de la position de Freud face au mal et à la mort, ce qui n’est pas nécessairement aussi vrai lorsque la biographie se tient strictement aux faits sans les mettre en rapport avec les enjeux et les développements correspondants de la pensée. Je reviendrai sur ce point dans ma conclusion.

Il est un autre chapitre de ce livre qui a immédiatement retenu mon attention. C’est celui qui porte sur la vie et l’œuvre de Jung au cours des années trente (chap. 29). A vrai dire, je connaissais pour l’essentiel les principales données réunies par Deirdre Bair à ce propos, puisque la plus grande partie d’entre elles sont maintenant publiées et qu’elle les avait présentées en résumant le résultat de ses propres recherches lors d’un colloque sur Jung, organisé par Elisabeth Roudinesco en 2001 à l’Hôpital Sainte-Anne de Paris, auquel nous avions participé l’un et l’autre. [4]

Mais à lire ce livre, j’ai encore beaucoup appris, par exemple concernant l’inscription des œuvres de Jung sur la « liste noire » nazie et, de là, sur la liste « Otto » en France (p. 699, et note 178), ou encore concernant les conditions dont lui-même et ses proches sont intervenus, y compris financièrement, pour faciliter l’échappée de certains de leurs collègues juifs hors de l’Allemagne ou, peut-être – ce fait, parfois évoqué dans les milieux jungiens, n’est pas avéré - lors de l’annexion de l’Autriche par les nazis (p. 695-696, et notes 162, 163, 164 ; page 692, et notes 149 et 150.).
Même si certains faits demandent donc encore à être établis plus sûrement, ceux qui sont rapportés ici s’enchaînent et se complètent de telle sorte qu’on peut suivre mieux que jamais le cours de événements et les actions et réactions institutionnelles ou personnelles de Jung aux prises avec la montée du nazisme, puis avec sa prise de pouvoir en Allemagne, avec les effets de sa politique antisémite, et son déferlement sur l’Europe. [5]
Une information, parmi beaucoup d’autres, m’a particulièrement intéressé. Je connaissais par la famille Jung le rôle joué par l’avocat zurichois Vladimir Rosenbaum dans la rédaction des statuts de la Ueberstaatliche Allgemeine Aertzliche Gesellschaft für Psychotherapie présentés par Jung au congrès de Bad Nauheim. Mais mon information restait trop partielle et trop peu fondée pour ne pas me laisser dans un certain inconfort. Deirdre Bair, sur ce fait, apporte les précisions et les références nécessaires (p. 678-681). Voilà donc un fait qui maintenant est bien établi, quelle que soit d’ailleurs l’appréciation qu’on pourra porter sur les positions prises par Jung à l’époque.

Toutefois, trois ou quatre dimensions de cette affaire m’ont manqué dans cette biographie. Non pas que Deirdre Bair ne les mentionne pas. Mais je ne trouve pas dans son livre la place que je crois être la leur.
Il s’agit tout d’abord de la transformation de l’Allgemeine Aertzliche Gesellschaft für Psychotherapie en Ueberstaatliche Gesellschaft. Deirdre Bair ne marque pas clairement ce passage (cf. p. 653 sq, et p. 682), alors que pour autant que je sois bien informé il constitue une action institutionnelle importante de la part de Jung dans le contexte politique de l’époque. A cet égard, la suite de ses éditoriaux dans le Zentralblatt est à peine évoquée, alors qu’elle s’avère en fait très éclairante. [6]

De même pour ce qui concerne la tentative de Jung de dégager des bases communes aux différents écoles de la « psychologie des profondeurs », telles qu’on peut les trouver dans ces mêmes éditoriaux et d’autres de ses écrits publiés dans le Zentralblatt. Les pages 652-653 et 433 et la note 10 du chapitre 29 restent bien succinctes à ce propos, alors que ce projet était, je crois, important à l’époque, et ne l’est pas moins aujourd’hui, du moins si l’on veut travailler sur les différences entre écoles sur la base d’un accord sur ce qu’elles peuvent avoir clairement en commun.

D’autre part, l’implication ou non de Jung dans le projet de développer une «  Völkerpsychologie », une psychologie différentielle des peuples est bien sûr évoquée à plus d’un moment dans ce livre (p. 682, 684, 689 et p. 778), mais parmi tant d’autres faits qu’on peut perdre cette question de vue, alors qu’elle était plus que cruciale dans le contexte de l’époque, et qu’elle se pose avec insistance encore aujourd’hui, surtout si l’on se demande dans quelle conditions épistémologiques et méthodologiques une psychologie clinique peut élargir son propos jusqu’à être fondée à parler d’un peuple ou d’une communauté.

Enfin, si l’article de Jung intitulé Wotan est bien sûr aussi évoqué, on ne perçoit guère dans le texte en quoi Jung, dans cet essai, prend le contre-pied de l’idéologie alors dominante en Allemagne, en particulier pour ce qui concerne sa reconstruction mythique de l’histoire. Ici encore, on voit que la réserve que je fais, en tant que lecteur et analyste jungien, porte donc sur la place très limitée qui est faite dans cette biographie à la présentation et à l’analyse des écrits mêmes de Jung. [7] Dans le même esprit, j’aurais pour ma part souhaité que soit présentée, et par là soumise à la discussion, la curieuse notion de « responsabilité collective » avancée par Jung après la guerre. Cette notion en effet se place non sans mal, me paraît-il, entre les problématiques de la sociologie et les exigences de l’éthique.

Cela dit, ce chapitre, tel qu’il est documenté, présenté et conclu, rend caduque une large part des polémiques si longtemps répétitives à ce propos. Il marque ainsi une étape importante dans les travaux et discussions sur les positions de Jung au cours de ces années.
On trouvera évidemment dans cette biographie beaucoup d’autres informations, sur les origines et l’histoire de la famille Jung, sur les études et les premiers pas de Carl Gustav en psychiatrie, sur ses premiers succès scientifiques et mondains, sur ses voyages, sur la fameuse histoire du Phallus solaire et le rôle de Honegger en la matière, ou sur sa pratique clinique aux différentes étapes de sa vie, sur les épisodes successifs de ses rapports avec Freud, et sur bien d’autres questions. Mais il me faut conclure.

En résumé, ce livre tient admirablement ses promesses, il apporte au lecteur une foule d’informations qu’on ne trouvera nulle part ailleurs, et il s’avère souvent stimulant et même passionnant, bien sûr dans la limite de la méthode et des moyens dont s’est dotée son auteur.
Sans doute certains des faits rapportés auront-ils à être précisés ou même rectifiés, car en bien des cas l’information qui nous est donnée ne peut encore être véritablement vérifiée et ajustée. Sans doute aussi d’autres faits seront-ils encore mis au jour, car c’est le propre du travail sur l’histoire que de rester toujours ouvert sur d’autres découvertes, et parfois d’autres surprises. Sans doute enfin certains lecteurs pourront-ils être impatientés, ou parfois choqués, par une abondance de détails dont ils se demanderont s’ils sont vraiment tous opportuns. Nous pouvons donc attendre, et espérer, que les travaux en cours vont encore contribuer à préciser et à élargir notre information sur la vie de Jung, tandis que ceux qui portent sur la généalogie et sur l’histoire de sa pensée ne cessent de se développer et de s’enrichir. [8]
Reste que le parti adopté par l’auteur, qui consiste, pour la plus grande partie du livre, redisons-le, à relater les faits, et seulement les faits, sans prétendre proposer une interprétation du personnage central de son enquête ou de ses proches ni surtout rendre compte de la dynamique interne et de là de l’histoire de sa pensée, engage à tenir ce livre d’une main, toutes notes comprises, et de l’autre à reprendre et réexplorer l’ « autobiographie » de Jung, ses lettres, et surtout la suite de ses œuvres à chacune des étapes de leur avancée.
A procéder ainsi, notre questionnement d’analystes sur la dynamique structurelle de l’œuvre de Jung, sur les différents moments de crises et de relance de sa pensée et de sa pratique clinique, et sur ses rapports avec les événements et les mouvements de fond qui lui sont contemporains, s’en trouve, par ce livre, sérieusement étayé et très utilement renouvelé.
Christian Gaillard

Cette critique publiée dans le numéro 125 des Cahiers Jungiens de Psychanalyse : "Vivre le sens", mars 2008.

Édition Flammarion, coll. Grandes Biographies, 2007, 1312 pages dont 332 de notes.
ISBN : 978-2-08-210364-0
EAN : 9782082103640
Prix : 39,00 €

[1] « De quelques mots décisifs, scénarios et lignes de forces dans l’« autobiographie » de Jung », Topique. Revue freudienne, n° 79, 2002, en anglais dans le Journal of Analytical Psychology, vol. 48, n° 5, nov. 2003, et « L’altérité au présent », Cahiers Jungiens de Psychanalyse, n° 96, automne 1999, en anglais dans Harvest. Journal of Jungian Studies, 2000, vol. 46, n° 2, et plus généralement mon Jung, Paris PUF, coll. « Que sais-je ? », 1996, quatrième édition 2007.

[2] Cf. la publication toute récente de The Jung-White Letters par A. C. Lammers, A. Cunningham, M. Stein, London/New York, Routledge, 2007.

[3] On remarquera que la traductrice de cette édition, Martine Devillers-Argouarc’h, a su trouver le ton et le style correspondants en français.

[4] Il se trouve que j’ai eu aussi à organiser tout récemment dans le cadre du congrès international de l’IPA (la très freudienne International Psychoanalytic Association) d’août 2007 à Berlin un panel réunissant des analystes jungiens et des analystes freudiens et intitulé « Freud and the Freudians, Jung and the Jungians during the thirties and the nazi regime ».

[5] On remarquera que l’éditeur français s’est ici servi des documents traduits en français et publiés dans le n° 82, printemps 1995, de nos Cahiers Jungiens de Psychanalyse, intitulé « Jung et l’histoire. Les années trente », ainsi que dans le n° 96, automne 1999, intitulé « Crise et histoire », que j’ai dirigés.

[6] On pourra les trouver publiés dans leur ordre chronologique dans le numéro 82 de nos Cahiers cité ci-dessus.

[7] Pour ce qui est des principaux concepts jungiens qu’elle évoque, Deirdre Bair recourt, pour les présenter, au « Glossaire » de l’ « autobiographie » de Jung publiée en français par Gallimard sous le titre Ma Vie. Souvenirs, rêves et pensées, et au Critical Dictionnary of Jungian Analysis de A. Samuels et F. Plaut, London/New York, Routledge, 1986. L’éditeur français renvoie également son lecteur au Vocabulaire de Carl Gustav Jung dirigé par A. Agnel, Paris, Ellipses, 2005, et à mon Jung, déjà cité.

[8] On sait ce qu’on doit à ce propos aux travaux de Sonu Shamdasani et de la Philemon Foundation. On pourra aussi se reporter à la publication récente par R. Papadopoulos, du Handbook of Jungian Psychology, London/New York, Routledge, 2006.
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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Sam 27 Juil - 16:06

Il faut aussi mentionner cet ouvrage qui me semble être  un magnifique travail de recherche sur la vie et l’œuvre de Carl Gustav Jung :
Carl Gustav Jung : biographie par Claire Dunne

Lien :[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Cette biographie, richement illustrée, comprend de nombreuses citations extraites de l’œuvre de Jung, auxquelles s'ajoutent des témoignages dont certains sont inédits pour le public francophone.

Une critique du livre lue sur "Amazon" :

ALAIN HAENGGI -
Ce commentaire fait référence à cette édition : Carl Gustav Jung : Guérisseur de l'âme (Relié)
Cet ouvrage est remarquable par l'intelligence et la qualité de son contenu; Claire Dunne a magnifiquement su résumer la vie et l’œuvre du "Maître". Ce livre, très agréable à lire, est indispensable pour ceux qui veulent découvrir Jung, dont l’œuvre a révolutionné la connaissance de l'Homme.

__________________________________________

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Cet ouvrage est composé de trois parties :Carl Gustav Jung : biographie Claire Dunne

   "La première partie, «Blessé», nous fait découvrir l'enfance de Jung ses études de médecine, sa vie personnelle et familiale, ses rapports avec Sigmund Freud et ses luttes pour devenir qui il était jusqu'à la fin de la période tumultueuse relatée dans Le Livre Rouge.
   La deuxième partie, «Guérisseur», couvre la période adulte de Jung, sa vie professionnelle en plein essor et l'influence qu'exercèrent sur lui ses voyages chez les Indiens d'Amérique, en Afrique et en Inde, terreau fertile de sa psychologie; on y trouve aussi les témoignages de gens qui l'ont connu en tant que patients, amis et collègues."
   "La troisième partie, «De  l'Âme», commence à ses soixante-neuf ans, avec son expérience décisive aux frontières de la mort, une sorte de seconde initiation.

Alors qu'il est au seuil de la vieillesse, les grands textes émergent, y compris Réponse à Job, le problème du mal, Synchronicité, principe de relations acausales, et ses liens avec la physique nucléaire, Mysterium Conjunctionis, les étapes de l'union avec l'univers et la source du grand tout dans l'individu. Sans oublier «Ma Vie»: souvenirs, rêves et pensées et L'Homme et ses Symboles qui le firent connaître à un public plus large."

"Les deux choses qui m'avaient le plus touchée dans son travail autobiographique étaient, d'une part, sa conviction que la psyché est « par nature religieuse », et d'autre part, sa description des deux personnalités vivant et luttant en nous, celle que nous sommes par nature et celle que nous devenons pour nous adapter à notre environnement culturel, familial et social. Le jeu des opposés que Jung découvrit très agissant en lui se joue aussi dans nos propres vies.

En écrivant sur la vie de Jung, j'ai voulu, autant que possible, qu'il raconte sa propre histoire. Sa correspondance révèle aussi bien sa personnalité que la pensée distillée de son travail, ses mots encore porteurs de son énergie: c'est cela, et les extraits tirés de son autobiographie et de l'ensemble de ses ouvrages, qui ouvrent la porte sur son Monde.

Au cours de sa longue vie, et à travers de nombreuses difficultés, Jung s'est forgé une totalité d'être et il nous invite à mener cette auto-réalisation comme la tâche essentielle de nos vies, bâtie à notre façon, nous conduisant vers les fondements spirituels de notre existence." (Extraits de présentation par l'auteur de la biographie).
Editions Dervy - 16 cm x 24 cm - 272 pages
Avant-propos Olivier Bernier, introduction Jean Houston, traductrice Cécile Narbeth.

Claire DunneL'auteur : Claire Dunne

Née en 1937 en Irlande, Claire Dunne réside depuis de nombreuses années en Australie. Actrice dans les années 60, elle a animé et produit des émissions radio à vocation multiculturelles dans son pays d'adoption.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Écrivain et conférencière elle consacre cette biographie à Carl Gustav Jung.

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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Dim 28 Juil - 0:08

Au-delà de la raison.

Pour suivre Jung, nous devons abandonner notre bon vieux matérialisme et nous ouvrir à la poésie, à l'imaginaire, à ce qui nous dépasse. Pour lui, en effet, pas de vie réussie sans nourriture spirituelle et bonnes relations avec tous ces mystères qui échappent à la raison.

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Re: psychanalyse jungienne

Message par le murmu le Dim 28 Juil - 10:57

et tout cela bâti sur une pierre angulaire inébranlable comme celle sous ton ours...pierre brute qu'il faut d'abord dégrossir et tailler avec méthode avant de pouvoir construire sur sa base notre temple intérieur..
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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Dim 28 Juil - 12:43

Merci Le Murmu ! Oui c'est tout à fait cela : taillons notre pierre individuellement et collectivement et aspirons à créer un monde différent ,plus vrai,plus juste,plus authentique ,un monde ou même nos rivières ne seront plus polluées et ou nous pourrons nous y baigner,y nager avec joie et délice dans une eau fraiche et pure..
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Et puis même soyons fous et imaginons un monde plein de beauté et de mystères ,un véritable monde elfique , inédit,surprenant , merveilleux et authentiquement féérique..

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Re: psychanalyse jungienne

Message par Olive1968 le Lun 29 Juil - 22:13

Pour moi Jung était un artiste de la psychanalyse !
L'art de relier l'être à l'histoire inconsciente commune, tout en le libérant de cette histoire commune... Qui a lu Jung ne voit peut être plus le symbole de la même manière, d'autant que c'est aussi ce qui détermine certaines de nos croyances, de nos pensées, du sens que l'on veut donner à notre vie psychique.

Jung est peut-être (sans doute) plus proche de l'art que Freud par exemple, qui fut plus "mécaniste"... Enfin, c'est un point de vue personnel. Il me semble qu'il a démontré qu'un archétype n'était pas simplement une image figée dans un inconscient collectif, mais aussi quelque chose qui nous permet de communiquer nos peurs autrement, ou nos croyances, nos visions du monde.
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Re: psychanalyse jungienne

Message par le murmu le Mar 30 Juil - 12:19

Pour moi; il a surtout montré que chaque petit "moi" était une graine de "Soi et qu'un processus naturel (ou alchimique) de maturation était à l'œuvre en chacun de nous comme toute graine peut devenir un "fruit" nourrissant après une longue aventure avec des risques et des périls nombreux...processus nécessitant notre collaboration active, attentive et éclairée...l'œuvre de toute une vie...
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Re: psychanalyse jungienne

Message par Olive1968 le Ven 6 Sep - 21:14

Certes le murmu certes...
Et par là même le "nous" prend son sens.
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Re: psychanalyse jungienne

Message par Pierre Detaille le Sam 7 Sep - 9:13

Le matin je me lève avec mon:moi,mon ça,mon surmoi.
Non content d'être à quatre,me voici habité par mon conscient,mon inconscient,mon subconscient, et être là du coup, à sept, je fais également un dédoublement de personnalité, nous voici donc à quatorze dans une même salle de bain devant le miroir qui nous reflète nos images et nous donnent l'impression d'être à 28, et on voudrait que je sois moi même !!! non mais des fois... .  
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Dernière édition par Pierre Detaille le Sam 7 Sep - 14:22, édité 1 fois
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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Sam 7 Sep - 10:49

Très bonne cette image : oui nous sommes très nombreux à vivre à l'intérieur de nous -mêmes !
Je suis d'accord Pierre ce n'est pas une mince affaire que d'essayer d'y voir un peu clair dans toute cette histoire !
Je trouve que cette histoire d'animaux s'installant dans une maison abandonnée résume assez bien notre situation(Voir lien ci-dessous : de très belles photographies) . Nous sommes en un sens ces animaux "installés" sur terre (Ou ailleurs , "installés" dans un cosmos infini ) et aussi nous sommes chacun une maison ou de nombreux animaux viennent s'installer : émotions,pensées,sentiments,imagination,ça,surmoi,inconscient,conscient..etc) et bientôt quelqu'un apparait de l'extérieur ou intérieurement pour nous dire : "Bon maintenant il est temps de faire un peu de ménage ! " , et c'est là en un sens que les vraies questions et les vrais problèmes commencent..

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Re: psychanalyse jungienne

Message par Olive1968 le Sam 7 Sep - 11:50

Oui, et c'est particulièrement visible aussi lors des rêves que nous faisons. Ces rêves qui nous démontrent qu'il existe des composantes psychiques bien délimitées, quoi que leurs contours soient assez flous. Ces instances sont en relations, et elles communiquent par certains biais, notamment le rêve... Qui est un "produit" fini censé être la réalisation de désirs. Même si j'accepte cette interprétation psychanalytique classique, je préfère n'en garder que l'aspect poétique !

Ce que je trouve passionnant. Ainsi, nous retrouvons le trio psychanalytique (trio de choc !) : le ça, le moi et le surmoi, mêlés en une élaboration relativement sibylline, qui nous enchante, et parfois nous terrifie. Jung voulait insister sur les aspects archétypiques du travail onirique, chose qui semblait, et qui semble, raisonnable. Nous ne pouvons nier que nous sommes reliés à un inconscient collectif qui agit et fait sens, probablement autant que notre propre inconscient.

C'est lors de ce travail que Jung s'est quelque peu détaché de Freud.
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Re: psychanalyse jungienne

Message par ishto le Jeu 10 Oct - 12:47

"Sois fidèle à toi-même et à tes sentiments. Ce sont les seules choses dans ta vie qui ne te mentirons pas"..

Sauf que dans n'importe quelle relation, lieu où la probabilité de se faire gruger existe presque par définition, croire ou ne pas croire l'autre est toujours motivé par nos sentiments qu'on le nie ou pas. Nos sentiments ont donc un rôle non négligeable dans notre capacité à se faire duper. Bref, en 2mn on voit vite le haut degré de bisounourserie présent dans de ce genre de sentences à la mode.
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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Jeu 10 Oct - 19:02

Oui Ishto je reconnais le bien-fondé de ta remarque, après réflexion cette dernière pensée n 'était pas nécessaire ni complémentaire de l'ensemble de ma réponse ..Le domaine des sentiments fait partie de la complexité de l’être humain . Ta réflexion me fait penser au titre du livre de Stephan Zweig : La confusion des sentiments..

Il est aussi possible de réfléchir sur ce thème en compagnie du philosophe David Hume :

Extrait :
[Notre sentiment à l'égard d'autrui n'est jamais désintéressé] « Quelque inclination qu'on puisse éprouver pour autrui, ou qu'on s'imagine éprouver, aucun sentiment n'est, et ne peut être, désintéressé ; la plus généreuse amitié, malgré sa sincérité, est une modification de l'amour de soi ; même à notre insu, nous cherchons uniquement notre propre avantage au moment où nous paraissons le plus profondément engagés en des plans pour la liberté et le bonheur de l'humanité. Par un tour de notre imagination, par une subtilité de notre réflexion, par un enthousiasme passionné, nous semblons prendre part aux intérêts d'autrui et nous nous imaginons dégagés de toute considération égoïste ; mais, au fond, le plus généreux patriote et l'avare le plus chiche, le héros le plus courageux et le poltron le plus méprisable ont dans toutes leurs actions, un souci égal de leur propre bonheur et de leur propre bien-être. » Hume.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] David Hume

Lien : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Et aussi en compagnie de Stephan Zweig ..[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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Re: psychanalyse jungienne

Message par Olive1968 le Dim 20 Oct - 12:00

David Hume venait de définir ni plus ni moins que le concept de "narcissisme" qui sera développé par Freud un peu plus tard. Le narcissisme nécessaire, car contrairement à ce que l'on pourrait penser, le narcissisme n'est pas une pathologie, mais une composante psychique indispensable. Manquer de narcissisme c'est se fondre dans une estime de soi proche de zéro, avec tout ce que cela implique. Etre atteint d'un narcissisme hypertrophié, je vous laisse deviner !Wink 

Jung ne pouvait que se réjouir de cette analogie mythologique puisque lui même utilisait beaucoup les mythes et autres symboles légendaires pour élaborer ses théories. Hume anticipait un peu ce que Freud allait théoriser, il y a aussi un peu de Lacan dans les propos de Hume ! En effet, le petit enfant découvre sa propre image et se narcissise au travers de ce que Lacan a nommé le "stade du miroir", il vit l'expérience de sa propre existence, détachée de l'autre. A l'âge adulte, nous conservons ce sentiment d'individuation, ce qui nous compose et nous permet de nous séparer (physiquement et psychologiquement) d'autrui. Mais Hume n'est certainement pas le premier à avoir repérer cela !
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Re: psychanalyse jungienne

Message par giraudet le Dim 20 Oct - 18:14

Merci Olive pour ces clarifications et explications très utiles et pertinentes sur le narcissisme avec les références de David Hume,Jung,Freud,Lacan ! Bravo !
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