Ciné Revue

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Re: Ciné Revue

Message par Olive1968 le 15/4/2013, 22:15

Et je suis impatient de découvrir les réactions de celles et ceux qui voudront bien nous faire partager leurs avis sur ce chef d'oeuvre...

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Apollo 18/Gonzalo Lopez-Gallego

Message par Guthrie le 17/4/2013, 20:41

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Apollo 18/Gonzalo Lopez-Gallego/2011

Je me permets de changer à la fois registre et époque en proposant un film SF de 2011. Surfant sur la vague des found-footage (Paranormal Activity, REC, Blair Witch...), qui revient à donner au film la facture d'un documentaire, caméra au poing, tout en jouant sur l'image moyenne/basse résolution, Apollo 18 est le récit imaginaire de la mission lunaire annulée en 1974 par la NASA ; de fait le scénario sous-entend prétendument annulée. Je l'ai visionné hier soir et j'avoue ne pas comprendre la volée de critiques négatives qu'il reçut à sa sortie. Beaucoup ont hurlé à la énième thèse conspirationniste, documents à l'appui, assénant non sans fierté ridicule : "Tout ceci est faux, faux, archi faux !" Mais enfin ! Depuis quand une fiction doit-elle être vraie ? Cela rappelle ceux qui jubilent rien qu'en voyant sur une affiche "basé sur des faits réels !", comme si cette mention était la garantie d'un bon film ou comme si le scénariste s'était refusé la moindre entorse à la vérité. Le vrai ici, en l'occurrence, c'est qu'il n'y a pas eu de mission spatiale en 1974 : allez faire un film avec ça ! Sans doute les spectateurs auront mordu à l'hameçon commercial on vous a caché la vérité tendu par la promo. Si on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, ce n'est pas une raison pour gober le sucre. Bref... nous avons là une série b. Une bonne petite série b horrifique dont l'unique ambition est de nous faire sursauter. Et ça marche !
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La clé de sa réussite ? Le choix du found-footage. Je n'aimais guère cette technique jusqu'ici, l'impression que les réalisateurs voulaient par la force me donner du réalisme. Sentir l'omniprésence de la caméra, les mouvements saccadés, cela n'aide pas à basculer dans l'histoire. Le pari du réalisme dans Apollo 18, primordial quand on s'attaque à la science-fiction, a donc été relevé par cette technique donnant aux fausses images d'archives spatiales un cachet d'authenticité. En vivant les scènes depuis la caméra de contrôle en liaison avec Houston ou celle de l'astronaute pour son rapport filmique de mission, on se croirait vraiment à leur place. On ressent la claustrophobie du module lunaire, la solitude d'être là-haut. On étouffe quand les réserves d'oxygène viennent à manquer. On explore les cratères et les gouffres à la lampe flash. Et on panique à la manifestation de certains phénomènes étranges, menaçants. Et s'il y avait là-haut de la vie sous une forme quelconque ? Une vie prête à défendre bec et ongles son territoire...

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Re: Ciné Revue

Message par Lt Ripley le 25/4/2013, 17:35

Cher Guthrie, je ne connaissais pas du tout ce film mais je crois, à te lire, que je vais essayer de le dégoter quelque part !

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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 25/4/2013, 17:38

Tente le coup, ma belle Sylvie, et dis-nous surtout ce que tu en as pensé ; positif ou négatif !
Wink
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Re: Ciné Revue

Message par Lt Ripley le 25/4/2013, 17:46

Alors pas ce soir, puisque j'ai Barberousse de Kurosawa à finir de regarder (mon mari s'est endormi devant avant-hier...)
Par ailleurs, je viens de finir le roman de Kessel Belle de jour, ce qui fait que j'aimerais bien revoir le film de Bunuel.

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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 25/4/2013, 17:49

No problem.
Au plaisir de te lire bientôt sur le film que tu veux.
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Re: Ciné Revue

Message par febus64 le 25/4/2013, 17:51

Bonsoir Guthrie
Je peux le trouver, je vais essayer de le voir même si je n'aime pas trop la SF
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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 25/4/2013, 17:59

Bonsoir Febus ! Smile
Si tu peux le trouver, tant mieux.
Sinon tu sais me trouver en MP. Wink
Et si tu n'as pas aimé le film, comme je disais plus haut à Sylvie, ton rapport négatif sera le bienvenu.
Tu le sais bien, ne pas confronter les opinions et tenir un même son de cloche en s'enfermant dans l'entre-soi, c'est déjà la mort.
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Re: Ciné Revue

Message par febus64 le 25/4/2013, 18:13

Je te remercie, Guthrie.
je donnerai mon avis bien sûr, je ne suis pas friand du genre SF, mais ce n'est pas pour cela que ce film ne me plaira pas et s'il ne me plait pas j'en débattrai, j'avais bien aimé en son temps 2001, odyssée de l'espace.
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Re: Ciné Revue

Message par Lt Ripley le 2/5/2013, 00:33

Mon cher Guthrie,

je viens de visionner Apollo 18. Comme dit Monsieur B., ça se laisse regarder, et en effet, je préfère cette utilisation du found footage à celle de REC, qui m'avait vraiment donné la nausée. Le film est tourné avec une relative économie de moyens et applique le principe du "Moins on en voit, mieux ça marche", et pendant les 45 premières minutes c'est relativement efficace. Mais le film est bourré d'incohérences, à côté de ça, sur l'utilisation des flashs visuels dans les cratères, par exemple, qui sont parfaitement artificiels, on ne me fera pas croire qu'un astronaute n'a pas une lumière digne de ce nom à sa disposition. La plupart des effets sont transparents et finalement attendus.
Quant aux personnages, ils ne sont pas vraiment crédibles, ce sont des militaires entraînés et prêts à faire face à tout imprévu. Le gars qui reste en orbite, par exemple, est lieutenant colonel, le plus gradé, mais franchement on dirait Oui-Oui... Quant au Soyouz qui décolle avec les câbles arrachés...

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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 2/5/2013, 00:58

Merci, Sylvie, pour ta critique.
L'effet lampe flash dans le cratère, quand il déccouvre le module lunaire russe, c'est un effet pas inintéressant pourtant. Evidemment les astronautes disposent d'une lampe torche qui éclaire en continu. Mais le choix du réalisateur d'utiliser le flash dans le noir (A flash in the night - Secret Service) rajoute de la tension. Je me souviens avoir eu le frisson quand on voit le cadavre du cosmonaute ainsi apparaitre. Après... ce n'est qu'une série b. Mais avec pas mal de choses efficaces à côté des défauts qu'on peut relever ici ou là. Merci encore, Sylvie, pour ton rapport de mission lunaire.
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Re: Ciné Revue

Message par Lt Ripley le 2/5/2013, 01:04

Justement, je trouve qu'on voit tout de suite que cet effet est absurde, donc on s'attend à voir quelque chose d'affreux, que ce soit le cosmonaute ou les bêbêtes à la fin.
Mais on est d'accord, c'est juste une série B, un divertissement honnête.

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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 2/5/2013, 01:19

Les bêbêtes, oui, montrent que nous sommes bien dans une série b. La préparation de la menace est certes plus réussie, avec les plans des caméras fixes extérieures où l'on distingue au bout d'un laps de temps une roche étrangement bouger. Le personnage contaminé, aussi, pas trop mal. Le voir se dégrader à vue d'oeil accentue l'effet de panique et de claustration. Le danger peut venir de lui comme de l'extérieur. Y'a pas d'issue.
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Re: Ciné Revue

Message par febus64 le 2/5/2013, 13:21

Bonjour Guthrie
je m'active pour regarder Apollo 18, je ne travaille pas demain
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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 2/5/2013, 13:24

No problem, Febus.
Take your time.
Wink
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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 4/3/2015, 10:16

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The Set-Up/Robert Wise/1949

Ragging Bull, Ali, Rocky, Gentleman Jim, Million Dollar Baby, parmi la myriade de films ayant l'univers de la boxe en toile de fond, The Set-Up se hisse largement au-dessus comme un sommet du film noir. Au sortir de la guerre, le retour des hommes à la vie civile les confronte à un mur de difficultés : travail, logement, vie sentimentale brisée. Stocker (Robert Ryan), boxeur tocard en fin de cycle, crèche dans une chambre d'hôtel minable à deux pas de l'Aréna où grouillent le soir un public avide de sensations fortes et les bookmakers sous serment d'allégeance à la pègre. Il vit là avec sa compagne, Julie (Audrey Totter), qui souffre de le voir jouer avec sa santé. A 35 ans on encaisse moins bien les coups, on récupère difficilement. La situation ne l'enchante guère non plus mais c'est là son gagne-pain. Son grand désespoir est de ne pouvoir avec ses maigres cachets offrir à Julie une paire de chaussures ou un manteau chaud pour l'hiver. Pour tout ça, pour ce monde chaotique sans merci, pour la faiblesse de notre homme à avoir prise sur les événements et en être inlassablement le jouet, Stocker ce soir doit gagner. Oui mais voilà, le combat qui l'oppose à une jeune recrue est arrangé, Stocker a pour consigne de se coucher au 3ème round. Il ne se couchera pas. Cherchant Julie du regard qui n'est pas dans la salle, il devra puiser en lui seul le courage de mettre le jeune étalon KO.

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A l'issue d'un combat dans le sang et les larmes, Stocker, pas au bout de ses peines, devra encore affronter dans une impasse sombre les malfrats venus lui faire payer sa désobéissance au système. Il finira mutilé, titubant, cherchant son chemin, ses rêves de victoire brisés, et tandis que Julie accoure pour le soutenir à bout de bras, le réalisateur nous montre ironiquement le néon clignotant de l’Aréna sur lequel est écrit : "DreamLand".  
Robert Wise, tout comme Hitchcock avec Psycho, signe ici avec un budget de série b un de ses plus grands films. La boxe n'étant là bien sûr que pour métaphoriser la difficulté d'être un homme dans un monde de requins où le juste n'a pas sa place.

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Re: Ciné Revue

Message par febus64 le 4/3/2015, 11:05

Les affaires reprennent. J'ai vu ce film il y a très longtemps.
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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 5/3/2015, 07:14

Quels sont tes films préférés, Febus ?
Ceux que tu revois toujours avec plaisir.
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Re: Ciné Revue

Message par febus64 le 5/3/2015, 08:38

Il n'y a pas de genre préféré, je dois être accroché par le film. Celui que j'ai revu le plus est "les duellistes" de Ridley Scott avec Keith Carradine et Harvey Keitel. J'ai beaucoup aimé Oranges mécaniques, les sentiers de la gloire de Kubrick?. J'aime Orson Welles, les bons Westerns (John Wayne disait que ce genre était le reflet de l'histoire américaine). J'aime aussi les films sur la seconde guerre mondiale, pour le souvenir de ce qui s'est passé. J'aime bien Kurusawa, Casavettes.
J'aime beaucoup les films période 1930 - fin des années 50 si possible en noir et blanc, français, américains et italiens. J'aime les dialogues savoureux et les bons mots de Lautner/Audiard ou des Marx brothers et la sensibilité de Chaplin.
C'est vraiment éclectique, j'ai oublié beaucoup de monde et de genres.
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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 5/3/2015, 08:50

Merci de ta réponse.

Tu me donnes des idées. Prochainement on abordera Monkey Business des Marx Brothers et pourquoi pas La Prisonnière du Désert, que Wayne considérait comme son meilleur western. Je pense aussi à Meurtre d'un bookmaker chinois de Cassavetes.
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Re: Ciné Revue

Message par febus64 le 5/3/2015, 09:03

Ok. Je vais en profiter pour revoir les trois références que tu cites, si j'ai le tps.
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Re: Ciné Revue

Message par Nelson le 5/3/2015, 11:35

Ce soir, je vais voir "Le géant égoïste" de Clio Barnard. A mon ciné-club.
(une peinture de la pauvreté dans le nord de l'Angleterre)
Inspiré d'une nouvelle éponyme d'Oscar Wilde.
Vous connaissez ?
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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 5/3/2015, 11:47

Pas du tout, pour ma part.
Merci Nelson.
Je vais me le programmer pour ce week-end.
Angleterre, pauvreté, Oscar Wilde, tout ça m'inspire beaucoup.
N'hésite pas à faire ta critique du film, Nelson, ce serait intéressant d'échanger nos avis.

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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 26/4/2015, 13:42

Tiens, mon long séjour à l'hosto a contrecarré mon projet de voir le film dont tu nous as parlé, Nelson.
J'avais complètement oublié Le Géant Egoïste - et non par égoïsme...
Je le télécharge et le visionnerai, promis, dans la semaine.
Sinon je suis un nul.
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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 26/4/2015, 14:04

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The Mackintosh Man - John Huston - 1973


Il y a dans les codes esthétiques des films d'espionnage inspirés de la guerre froide, ceux notamment des années 60-70, un détail que l'on prend toujours plaisir à retrouver dès le générique. C'est l'emploi du cymbalum par le compositeur. Cela vous parle ? Mais si ! Cet instrument au son aigrelet, d'origine perse, importé en Europe de l'Est sous l'Empire Ottoman... Non ? Votre mémoire auditive l'a sûrement dans ses archives. Que vous fussiez ou non amateur de la série Amicalement Vôtre, c'est le son qu'utilise John Barry pour son thème immortel ; d'ailleurs, on peut considérer Barry comme à l'initiative de cette touche stylistique, et ce dès la trilogie des Ipcress File ou dans The Quiller Memorandum, autres films d'espionnage.





Mais dans le présent film, c'est Maurice Jarre qui s'y colle.





Pourquoi aborder une œuvre cinématographique, avant tout images par essence, en braquant le projo sur ce micro-détail ? Je ne sais pas. Sans doute je m'efforce de rendre justice aux outils modestes. Un instrument n'est pas grand-chose. Il doit servir. Et dès qu'il ne sert plus, on le change contre un autre. Le clavecin a été remplacé par le pianoforte. Le pianoforte par le piano. Le piano par les ondes Martenot. Les ondes Martenot par le synthé. Davantage qu'une progression technologique, c'est une affaire de goût. Et, au cinéma, quand l'instrument de musique est bien employé, il a un pouvoir immense ! A la fois sur les images et évidemment sur ce qu'elles ne montrent pas. A entendre les notes du cymbalum, on sent la présence diaphane des agents secrets de la Russie soviétique. On découvre un mélancolique paysage sous la neige d'Ukraine ou de Sibérie. On ressent la tension entre les deux blocs USA-USSR. Alors, vous serez d'accord, comment ne pas mettre à l'honneur ce piano tzigane de rien du tout, quand il évoque tant de choses ?  

Quant au film proprement dit, The Mackintosh Man est une œuvre intermédiaire dans la carrière de John Huston. Au chapitre espionnage, beaucoup lui préfèrent The Kremlin Letter, qu'il réalisa en 1969. Mais ne serait-ce que pour la confrontation Paul Newman /James Mason, et les magnifiques extérieurs tournés en Irlande, il vaut le coup !
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Re: Ciné Revue

Message par Guthrie le 27/4/2015, 11:54

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The Thief - Russel Rouse - 1952


Nous pouvons avoir deux attitudes devant un film. Ne voir que la surface des choses et préférer s'étourdir aux rebondissements de l'intrigue, scotchés dans le siège de la salle ou chez soi sous sa couverture, absorbant comme un buvard la moindre réplique. Ou bien, voir ce qui est derrière le texte, ce qui s'y glisse clandestinement car il y a toujours – paraît-il – un sous-texte dans le texte, comme des espèces de mélodies en contrepoint. Que la seconde attitude soit plus intello que la première, davantage dans l'émotion, on n'en a rien à foutre. D'autant sur un film où les acteurs ne disent rien. Quand je dis rien, cela signifie rien : pas un mot, aucun son. Oui, le challenge d'un réalisateur tête brûlée. Et en 1952, tout juste 25 ans après le premier parlant, on pouvait se targuer de faire dans l'expérimental avec une idée pareille ! Doit-on mettre ça sur l'effet-impact de La Corde, sorti 4 ans plus tôt, que Hitchcock se mit au défi de réaliser en un plan-séquence ? Possible. En tout cas, si l'on veut chercher des correspondances avec Sir Alfred, il en existe une sur le choix de l'acteur principal, Ray Milland, lequel, 2 ans plus tard, incarnera le cynique Tony Wendice dans Le Crime était presque parfait.

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L'intrigue ici ? Un classique du genre. Sous les traits du docteur Allan Fields, physicien du nucléaire travaillant à Washington pour la Commission à l'Energie Atomique, Ray Milland joue les espions. Muni de son appareil-photo miniature, il capture les documents top-secrets que toute une série d'intermédiaires se passent ensuite sous le manteau ; du soi-disant membre de la biblio municipale, faussement plongé dans l'étude, au faux liseur de journal dehors sur un banc ; du type qui fait semblant de téléphoner dans une cabine, à la fausse nana s'attardant dans un drugstore au rayon lingerie. Et, ainsi de suite, de poche en poche, de sac en paquet de clopes, jusqu'à la tête du réseau : une puissance étrangère, allemande ou soviétique.

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L'intérêt du film, outre sa spécificité de ne compter aucun dialogue, c'est le moment où le personnage filé de près par les agents du FBI, ne sachant plus qui est qui, bascule dans la paranoïa. Cela permet d'apprécier l'immense palette de Ray Milland, acteur de classe anglaise, pouvant, à la manière d'un Chaplin ou d'un Laughton, jouer autant la comédie que le drame ; voir sa performance dans Le Poison de Billy Wilder. Et il faut bien l'avouer, restreindre le champ du personnage en le privant de parole, c'est un pari que peu d'acteurs auraient transformé en billet gagnant. Pourtant le film n'est qu'à demi réussi. Pas à cause de la réalisation, non, très correcte. C'est la musique. Tout le long elle est franchement imbuvable ! Pour ce genre de concept, ça ne pardonne pas. Il aurait fallu la travailler à la virgule ou avoir un compositeur hors de pair, un Bernard Herrmann, un Arthur Honnegger. La faute probablement à un budget trop serré. Dommage...

(Le score est signé Herschel Burke Gilbert. Normal. Une musique aussi rococo ne pouvait venir que d'un compositeur au nom baroque.)
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