Au seuil de l'aide

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Au seuil de l'aide

Message par Olive1968 le Jeu 21 Mar - 15:00

Dans le métier auquel je me destine, nulle idée, qu'elle quelle soit, ne doit venir interférer dans le processus d'écoute et d'aide. Etat fragile pour chacun de nous car soumis aux envies, aux tentations légitimes (ou pas) d'interpréter. Mais chaque être humain possède un point commun : précisément son statut d'être humain. Qu'il soit blanc, noir, jaune, rouge ou cuivré... D'ici ou d'ailleurs, quelles que soient ses idées et ses convictions, aux yeux du thérapeute il est avant tout un être humain. C'est la philosophie développée par la déontologie médicale, mais aussi par la déontologie de l'écoute psychologique.

Un adulte doit passer par de longues phases d'adaptation avant de pouvoir prétendre se "déconnecter" de ses idées et de ces à priori, afin de se présenter devant l'autre presque nu sur le plan psychique. L'aidant doit être tel un miroir, mais un miroir qui réfléchit différemment ! Un miroir qui reçoit l'image, mais qui va lui donner un sens nouveau, de préférence bienveillant et utile. Ces principes déontologiques qui paraissent évidents de prime abord, ne sont pas systématiquement respectés, loin s'en faut ! Ce qui est confié à l'aidant, et que l'on nomme le "secret professionnel" n'est pas simplement un agencement d'informations destinées à être tues, c'est aussi un échange intime et thérapeutique, qui doit faire écho à la profession comme une voix sans écho ; sinon peut être dans l'esprit de celle ou celui qui aura sollicité cet échange.

C'est mon but, et c'est celui de tous ceux qui décident un jour de faire abstraction de leurs idées reçues ou de leurs idées intimes, et pas nécessairement appropriées, en se mettant au service de l'autre, et ce quel que soit son problème. Bien sûr il existe des limites, mais ces limites sont essentiellement légales, physiques, les paroles contiennent suffisamment de sens pour être susceptibles d'aider. Mieux comprendre l'autre (et se comprendre soi, tâche déjà difficile, ô combien) pour mieux l'aider ; c'est se forger un comportement psychique, une attitude détachée et en même temps réceptive, une alchimie très subtile. Il faut aussi pouvoir se projeter dans les demandes d'aide, comme si ces dernières ne s'adressaient qu'à l'être humain, à lui seul, à son âme et sa réceptivité.

C'est un état qui serait peut être généralisable ? Mais est-ce souhaitable ? Le thérapeute écoute, comprend, et, éventuellement, aide. C'est une voie exclusive et dévouée, presque un sacerdoce. Tout le monde ne peut probablement pas s'engager dans une telle démarche, pourtant, un centième de ces qualités pourrait aider la société, ce n'est pas un gros effort et ce serait tellement propice à la compréhension mutuelle. Nous avons tous le même socle existentiel : notre rapport aux autres et au monde (à soi), ne l'oublions pas.
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Olive1968
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