Ravel : le maître enchanteur

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Message par Guthrie le Mer 31 Oct - 11:17

Je ne savais pas que Serge Lifar avait dans l'idée de monter Le Boléro en baptisant son ballet Obsession. Mais votre exemple, pris pour mettre en exergue l'obsession de Ravel, me plaît. Je suis d'accord avec vous. Et c'est une leçon pour nous tous. Il faut savoir quelquefois se laisser couler tout au fond pour mieux revenir à la surface, recouverts de paillettes d'or ; comme cette paillette d'or que le vieux pêcheur de l'Ondine de Giraudoux voit dans l'oeil de la princesse Violante. Je cite Ondine car Ravel vivait dans les contes. Et quand on vit dans un conte, que voulez-vous, la réalité vous rattrape tôt ou tard et vous enferme dans la névrose. C'est aussi ça, comme vous le dites, qu'il tente d'exprimer à travers Le Gibet par cette note lancinante (Si bémol) doublée à l'octave. Quoiqu'il en soit, chacun y verra les fantômes de son choix et c'est ainsi que Ravel l'a voulu.

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Message par Guthrie le Mer 31 Oct - 12:09

Bon, basta, quittons la pulsion de mort.
Et revenons à la vie pétillante, effervescente !
Voici le deuxième mouvement du trio en la mineur auquel faisait allusion Hérodote dans un autre fil.

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Message par Herodote le Mer 31 Oct - 15:06

Trio en la mineur de Maurice Ravel, second mouvement
merci Guthrie. Merci d'abord pour ce qui n'est peut-être qu'un hasard, devenu pour moi une nécessité, cet escalier lumineux qui monte... et qui devant l'immobilité de la camera (à part zoom ou non, bien sûr) apporte au Trio Chausson (en voici encore un grand oublié, Ernest Chauson, mort à vélo!) avec ses marches diversement éclairées, le sautillement que Ravel laisse ces jeunes gens exécuter, comme s'il s'agisait d'un jeu, à leur gré.
Sauf un bref instant où le piano essaie de faire entendre un balbutiement thématique mais vite recouvert par les cris joyeux de la cour de récréation. Car il y tout cela aussi dans Ravel !
Est-ce que le viloncelliste Landowski est pett-fils ou apparenté à celui qui fut l'inamovible Directeur de la Musique sous Malraux et qui composa de la bien bonne musique ma foi. Controversé par les tenants de toutes sortes de systèmes musicaux, pourvu qu'il soient "autres", il avait fini par devenir le symbole du confomisme, ce qui ne résiste pas à l'audition de l'oeuvre laissée par lui.
Guthrie : mon piano n'étant plus accordé depuis que j'ai cessé d'en jouer, j'ai voulu vérifier le "fa " que je disais pour le "Gibet". C'est entre fa et fa dièse, ce qui correpond à la touche noire de sol bémol. Mais c'est une vraie casserole et personne n'y joue plus depuis le décès de mon épouse. Vous avez raison. J'ai été trop péremptoire en me fiant à mon piano délaissé. Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?...
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Message par Guthrie le Mer 31 Oct - 16:24

Merci, Hérodote, pour votre escalier lumineux. Eh oui, c'est juste, comme vous dites l'inévitable mélancolie revient fugitivement à 1.58 avec les grands accords égrenés par le piano dont la riche partie, tout au long des quatre mouvements du Trio, ressemble à s'y méprendre à une grosse partie de concerto. C'est sans doute pourquoi les trois instruments dans cette video, en plus de la réverbération de la salle, sonnent comme un mega orchestre. C'est ce qui fait la force d'écriture de ce diable de Ravel. Oui - je réécoute le passage -, mélancolie à 1.58 qui tente de se fendre un couplet plaintif assez vite réprimé par le violon et le violoncelle, comme si tous deux lui soufflaient ce vers de Baudelaire : "Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille."
En plus de ça, c'est marrant, voilà l'exemple type d'une de ces graines qu'on lance à l'aveuglette et qui tombent au bon endroit. Je ne savais pas que le nom du violoncelliste dans la video était Landowski mais j'ai emprunté dernièrement à la biblio le concerto pour ondes Martenot du Marcel Landowski dont vous parlez. C'est la seule chose que je connaisse de lui. D'ailleurs je crois qu'il a bossé avec Marguerite Long, la pianiste qui créa le Concerto piano de Ravel en sol, dont The Loner a posté plus haut le second mouvement. Pour les personnes qui auraient sourcillé à ondes Martenot, en fait c'est un instrument au son très chaleureux, rappelant le thérémine, et qui, après l'orgue, est en quelque sorte l'ancêtre du synthétiseur. Avec néanmoins une technique de jeu tout à fait particulière :

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Message par Herodote le Mer 31 Oct - 17:57

Guthrie : Les ondes Martenot ont été à la pointe des innovations instrumentales avant la guere, et s'il en est un qu en a abondamment usé c'est bien notre Olivier Messiaen, qui en a mis quatre dans son opéra "Saint François d'Assise" que j'ai en DVD par l'Opéra de La Haye dans une mise en scène assez étonnante qui place l'orchestre, non pas dans la fosse, mais au fond de la scène, avec les Ondes Martenot au beau milieu. Car elles sont inoubliables, sous la plume de Messiaen, dans le prélude déjà, puis dans le célèbre passage du troisième acte, où Saint François d'Assise fait un dialogue de fraternité avec les oiseaux (source les "Fioretti"). Je vais écouter votre video intitulée "Ondes martenot" sans plus. A tout de suite.
J'en ai écouté la démonstration. Etonnante pour un jeune musicien qui découvrira, sur ce bref instant, tout ce qui a été ensuite affiné par le synthétiseur. Puis j'ai eu la chance de tomber, au "verso" de la video, une video où on entend Messiaen lui meme dans des "Improvisations" sur son orgue et les Ondes Martenot. On dirait qu'il avait trouvé un moyen de faire résonner à travers les tuyaux de l'orgue les vibrations des Ondes Martenor. C'est le cas, à 1'35 quand apparait dans la luxuriance toujours profuse du Maître, une thème grave relayé par les tuyaux les plus volumineux de l'orgue, thème que cette luxuriance va reprendre. C'est émouvant de voir Messiaen s'affairer comme n'importe quel étudiant en orgue autour de ses claviers; puis arriver ainsi sur son thème à lui (il ne faut jamais oublier que Messiaen était très croyant) "Puer natus est", à ce que j'entends à 19'30 au faîte de son inspiration éclater puis se réduire encore. Il cherche son inspiration. Alors vous imaginez avec les quatre ondes Martenot de son "Saint François d'Assise" ce que celà peut donner. Voici une bien longue digression. Veuillez m'en excuser mais je ne pouvais laisser retomber mon clavier sur une telle magnificence. (Il y en a plus de 27' en tout). Ma terreur c'est que mon ouïe, déjà fragilisée, ne me lâche. Bonne après-midi, bonne sorée, Ami.
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Message par Guthrie le Mer 31 Oct - 18:28

Je vais essayer ces jours-ci de trouver la version de l'opéra de Messiaen dont vous parlez. Ce sera pour moi une découverte car je ne connais pas du tout cet opéra. De Messiaen, je ne connais que Les Vingt regards sur l'Enfant Jésus, la Turangalîla Symphonie (à l'impressionnante nomenclature instrumentale !!!) et bien entendu le Quatuor pour la Fin des Temps et le catalogue des Oiseaux. Merci de votre digression, Hérodote. Vous avez attisé ma curiosité. Pour vous remercier pleinement, je vous invite au concert. Tenez. Au programme ce soir : La Rapsodie Espagnole

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Message par Herodote le Mer 31 Oct - 19:06

Je vais diner, cher Guthrie, j'ai déjà en tête les principaux traits de cette Rhapsodie espagnole. Je l'écouterai avec toute l'amitié que vous me faites. Merci.
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Message par Herodote le Mer 31 Oct - 23:09

Je vous remercie de votre invitation, dont j'ai profité amplement. Mais je n'ai reconnu ni le Chef ni l'Orchestre, tous les deux excellents, notamment la première clarinette que le Chef a fait saluer en premier lors des applaudissements finaux. Elle a donné vie à cette Rhapsodie qui, à cette audition du moins, m'a, et c'est l'impression que j'en ai pour la première fois, semblé douloureuse et sombre même. Je ne me rappelaiss peut-être que des six ou sept minutes finales où les cuivres viennent au secours des cordes. Mais cette impression de mélancolie ravelienne (il faudrait le numéro d'opus. Je ne le sais pas) est dans la descente aux enfers de notre grand musicien. Voici ce qui explique peut-être cette impression ressentie par moi. Ajoutez à cela que c'est aujourd'hui l'anniversaire de la mort de mon gendre (cancer) et que ma fille s'est enfermée chez elle pour ne voir personne. Ceci ne fait pas, à l'intérieur de moi un terrain propre à un quelconque épanouissement. Mais il est bon d'écouter de la belle musique s dans un tel état, proche des larmes. Il faut se revigorer à tout âge.
En ce qui concerne Messiaen, je connais la même chose que vous. plus peut-être du temps de ma jeunesse (fondation des Jeunesses Musicales de France, dont l'un des auteurs, Morand, a été abattu par les Allemands dans une rue d'Epinal lors de la Libération de la ville) alors qu'on se moquait de nous, parce que le premier opéra que nous avions disponible à l'Opéra de Paris était "l'Or du Rhin" de Wagner, pour attirer à nous les élèvs des lycées parsiens ! Comme repoussoir, on ne s'attendait pas à mieux ! Et ce fut un triomphe. Ces jeunes oreilles, habituées aux "Ali Alo Ala"!" bottées et casquées, qui n'avaient pour tout potage que Trenet... Donc on se moqait de nous quand nous allions dans la salle du Vieux Conservatoire où un Monsieur Guitton dirigeait pour nous Mozart, Beethoven (ah! le choc de l'ouverture de "Coriolan" !) et autres, et qu'il nous fit écouter à nore grande surprise des oeuvres pour piano d'un certain Olivier Messiaen, jeune compositeur encore et dont tout le monde se moquait. Je pense sincèrement aujourd'hui que dans cent ans Messiaen sera le Beethoven du XXè siècle. Vous pouvez trouver en DVD le Saint François d'Assise de Messiaen, à la FNAC sur Amazon etc... Si vous avez des difficultés dites-le moi. J'ai des abonnements dans ces machines à sous. Amitiés et encore merci.
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Message par Guthrie le Mer 31 Oct - 23:54

Merci de nous avoir fait voyager ! Oui, j'ai beaucoup aimé votre évocation sur comment vous avez découvert Mozart, Beethoven et Messiaen. Voilà un précieux témoignage pour les générations après la vôtre. Au collège, au lycée, les manuels d'Histoire nous farcissent de fables plates, alors que les témoignages nous invitent à en découvrir les sources et à revivre les scènes. Vous avez jeté dans nos têtes des images. Nous avons traversé avec vous cette rue d'Epinal où s'échappait d'une fenêtre la voix nasillarde de Trenet transformée par la TSF ; nous nous sommes assis avec vous dans la salle du Vieux Conservatoire pour écouter Monsieur Guitton diriger les œuvres du répertoire. Merci de nous avoir fait remonter le temps. Et je suis heureux que cette Rapsodie Espagnole ait pu elle aussi vous faire voyager et vous faire oublier à moitié ce jour particulier pour vous et votre fille. Je vous souhaite une excellente fin de soirée. Merci pour ces échanges.
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Message par Herodote le Jeu 1 Nov - 0:13

Merci, Cher Guthrie

J'ai craint de ratiociner avec mes veux souvenirs musicaux. Merci de les avoir trouvé plaisants. je crains toujours qu'on ne regarde dans ce qui est dessous mon avatar que le nombre 86 (qu'il faudra changer bientôt en 87), alors que je me sens pas l'esprit d'un vieillard. Il faut me voir jouer avec mon dernier petit-fils; âgé de 8 ans ! Et j'ai aussi des petites-filles et des arrière-petites-filles, tout plein. Mais ils sont dispersés au hasard de la géographie de l'Hexagone que je ne puis sillonner comme avant.
Une précision quand même, la rue d'Epinal où est tombé Morand je n'y étais pas (je suis Breton). J'étais du bon côté, sous les armes bien sûr, mais loin dans le nord, presque chez "eux", engagé volontaire comme si j'allais moi tout seul libérer mon pays.!. On a de ses fougues (il parait que j'ai de beaux restes, dit-on pas trop loin!).

Merci, en tous cas pour votre aimable appréciation. Et très bonne nuit.
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Message par Guthrie le Jeu 1 Nov - 23:57

Vraiment ce document vaut le coup d'oeil. D'abord Martha Argerich et Lang Lang parviennent à insuffler l'onirisme et la douce candeur que réclame l'oeuvre. Mais vous apprécierez aussi, en plus du caractère intimiste de cette musique, la complicité entre les deux artistes. Les sourires de Martha à son partenaire de jeu, à la fin des pièces, sont d'une inexprimable beauté !
Voici la suite Ma Mère l'Oye, pour piano à quatre mains. Martha Argerich et Lang Lang au piano.

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Message par Herodote le Ven 2 Nov - 10:03

Eh oui ! Voici une bien belle rencontre. Ravel et son enchantement, Martha Argerich, insurpassable dans la musique-qui-se-pense ; et Lang Lang qui apporte sa fougue et sa simplicité à l'appui de l'Oeuvre. Vrai qu'il y ait une complicité entre les deux : Martha Argerich la manifeste à travers son visage reflètant, je dirais presque avec impudeur, ce qu'elle exprime avec ses mains, et Lang Lang jouant de son corps, souligné par le tissus de sa veste en tissage pailleté de scintillements dorés. Il y a, somme toute, peu d'oeuvres composées ou transcrites pour piano à quatre mains. Celle-ci est particulèrement adaptée, même si le pianiste chargé des cordes graves est souvent obligé d'aller se fondre dans les doigts de sa partenaire opérant en haut du clavier et ceci conduit à un bref échange de sourire et à un bref commentaire de la grande pianiste. Je pense que c'est par ici qu'il faudrait tirer le sujet sur le bonheur, si cher à Olive : il resplendit de toute sa grâce et de toute sa puissance évocatrice ici. Merci, Guthrie, pour ce matin magique.
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Message par Guthrie le Ven 2 Nov - 11:01

Hérodote a écrit, à propos du doc video précédent :

Je pense que c'est par ici qu'il faudrait tirer le sujet sur le bonheur, si cher à Olive : il resplendit de toute sa grâce et de toute sa puissance évocatrice ici.

+100000 Wink
Vous avez 100000 fois raison, Hérodote.
Et j'irais même plus loin. Non seulement le fil Le Bonheur pourrait se délocaliser un temps ici après semblable document, mais aussi le fil très intéressant ouvert par ishto sur athéisme/croyance (excusez-moi, je schématise le titre en une formule binaire que vous avez tous, je sais, remise en question dans vos intéressants échanges : notamment en remplaçant athéisme par agnosticisme.)

En effet, si Bach ou Ravel avaient du génie à revendre, comment se fait-il que des Jésus ou des Mahomet comptent autant d'adeptes tant de siècles après leur "disparition" ? La logique aurait voulu que Bach fût intronisé Sage voire Prophète, non ? Ben il n'en a rien été. Quand on me pose la question : "Et toi, tu crois en qui ou quoi ? " Je réponds : je crois en Bach. Bach est mon Dieu. Et mon Dieu était un homme qui parlait le langage des anges de l'Univers et qui n'a jamais fait de mal à personne (au contraire !), ni cherché à imposer sa loi. Est-ce pour autant que je transforme Bach en une espèce d'idole ? Non, non. Danger des idoles : éviter d'avoir autour de l'endroit où l'on dort des figures, des statues trop grandes. Quand on est fatigué, elles profitent de notre fièvre pour nous miroiter d'illusions : et toutes ne sont pas recommandables. Mais les illusions que proposent un Bach, un Ravel, par l'entremise de quelques signes noirs sur un bout de papier, par l'entremise d'aussi magnifiques interprètes qui ont la FOI - la seule qui vaille à mes yeux -, eh ben je veux y croire à celles-là. Et y croire de toute mon âme ! Y croire par tous les pores de ma peau ! La porte vers l'autre monde est là, ouverte à nous. Il suffit d'ouvrir ses oreilles pour la voir.
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Message par Herodote le Ven 2 Nov - 14:30

Mais encore faudrait-il, Cher Guthrie, que nous ne soyons pas isolés, ce qui est bien le cas. Qui s'intéresse à ces hommes que nous admirons. Qui s'intérese à ce qu'ils ont apporté de salut intime à la société humaine au fil des temps.
Vous comparez Bach à un Prophète. Il s'en serait bien gardé. Même dans sa 32ème Sonate pour piano, où il anticipe le ragtime, Beethoven ne se serait pas cru pouvoir s'asseoir à la droite de la trascendance ! Et pourtant il a composé là de la musique deux siècles avant qu'elle ne soit réinventée par les descendants d'esclaves africains qui ont joué ceci au sortir de leur esclavage.

Nid de bonheur pour Olive. Je pense que les composantes de son bonheur à lui sont davantage dans la pensée de Marc-Aurèle, ce qui est au demeurant très sage, que dans les pirouettes manuelles de Martha Argerich et Lang Lang sur la Mère l'Oye de Ravel . De même pour l'athéisme et l'agnosticisme. Je viens d'y poster un nouveau commentaire, mais je ne vois pas comment y incorporer une auréole de bonheur véritable. Quant aux prophètes que vous citez : des charniers, des cris de torturés, des massacres...

Jolie formule pour un musicien " Il suffit d'ouvrir ses oreilles pour le voir". Vous avez raison comme Paul Claudel lorsqu'il titrait "L'oeil écoute", ce qui est exact pour qui peut lire une partition (je ne donne pas si souvent raison à Claudel...)

Faites. je vous suivrai. Techniquement, je ne sais comment faire. Humainement, je ne pense pas être dans le cas de convaincre qui que ce soit. Il faut aussi, avant le "faire", le "savoir-faire" et j'en suis bien démuni. Bon courage, Ami.
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Message par Guthrie le Ven 2 Nov - 17:41

Je comprends votre rage. Il m'arrive d'être enragé aussi devant les infos ou devant les récits historiques sur la christianisation armée en Amérique-du-Sud ; monuments de bêtises et du pouvoir édifiés avec le sang d'innocents qui n'avaient rien demandé à personne et qui avaient déjà leurs propres croyances. Hélas, mille fois hélas, parmi les grandes religions aussi barbares les unes que les autres, le Christianisme n'a pas été la dernière (oh non !!!) à se prendre pour la VRAIE. Et aujourd'hui, entre Judaïsme et Islam, c'est pareil, on ne voit rien d'autre qu'une guerre entre riches et pauvres par Dieu(x) interposé. Alors des fois, oui, la rage nous prend. Et d'une telle force qu'on aurait envie d'un coup, sans raison, de gueuler dans la rue ou par la fenêtre :
"Mais merde ! Arrêtez de vous torturer le sang et les méninges pour savoir qui de votre Dieu a raison ! Et asseyez-vous ! Oui, asseyez-vous et écoutez ! Ecoutez ce que nous dit Bach. Ecoutez ce que nous soufflent Ravel, Beethoven ou tartempion. Ecoutez ce que disent ces gars qui se sont pris la tronche à raturer, raturer, raturer encore, raturer toujours leur page pour au final nous laisser une voie. C'est pour nous qu'ils l'ont tracée. Oui, pour nous ! Pour nous aider à panser nos plaies, à nous dépasser, nous transcender, quitter ce morne quotidien et nous faire toucher la Magie : la seule et véritable."
Mais ce cri, je le ravale aussitôt. Le geste, en plus d'être ridicule, serait inopérant. On me jetterait même des mots grossiers à la figure : "Bouhhhh... intellectualiste de mes deux !" (Quel rapport ????) Ce n'est pas par la force qu'on éveille les consciences. Et d'abord je n'ai pas la prétention de vouloir éveiller la conscience de qui que ce soit. Ce serait revêtir le costume du prophète - quelle horreur ! - et on retomberait dans le même schéma. Je ne ferais que gueuler que mon mensonge est plus proche de la vérité que les autres : non-sens et mauvaise méthode. Et puis à chacun ses mensonges pour moins mal vivre. Du moment que le mensonge ne contient aucune mort-aux-rats dans le beau flacon doré. Dans ces moments de rage, si je vous comprends Hérodote, on peut aller jusqu'à déplorer que la musique soit une religion sans espoir. Le compositeur, le musicien, s'y épuise en sachant que la symphonie, le quatuor qu'il écrit ou qu'il joue n'est après tout qu'un numéro de chien savant sur une terre peu solide. Il se console sous prétexte que son œuvre participe à quelque mystère plus solide. Mais cet espoir, au fond, vient de ce que tout homme est une nuit ou abrite une nuit, et que le boulot de l'artiste est de mettre cette nuit en plein jour. Et que cette nuit séculaire nous procure à nous, humains si limités, une rallonge d'illimité qui nous soulage. Nous devenons alors pareils à un paralytique endormi rêvant qu'il marche - je me suis permis là de paraphraser Cocteau (qu'il me pardonne) pour répondre à Claudel dont vous avez cité le titre L'œil écoute si évocateur. Oui, c'est ça, l'oreille voit. L'oreille voit les images sonores que la musique nous communique. Et dans ces images, il y a quelque chose comme disent les croyants. Oui, il y a quelque chose...


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Message par Herodote le Ven 2 Nov - 18:32

Je viens de perdre un long mesage en réponse au vôtre, si furieusement beau, Guthrie, J'arrivais au terme. Il ne faisait pas moins long que le vôtre mais il expliquait pourquoi il n'y a plus de Dieux, mais que la Musique peut nous en tenir lieu car elle est l'insondable, la jamais replète, l'Art le plus abstrait, le plus secret, le plus complet. Et je citais Mozart et Schubert joués de leur temps comme musique d'accompagnement, comme un slow aujourd'hui, avec leur aveu. Car ils ne connaissaient pas le pêché d'orgueil. Et je vous demandais pour finir, si vous en aviez les moyens techniques, de ressortir le "Poème pour violon et orchestre" d'Ernest Chausson, que j'écoutais avec ravissement ,jouée par Ginette neveu sous la direction (excusez du peu) de Charles Munch. Je vous raconterai l'anecdote vue par mes propres yeux (qui étaient tout ouïe) une autre fois. Voila un bon morceau d'éloquence perdue. Je le déplore. Ca fait du bien de se défouler la rate. Mais sans ce "plouff!" final. Avec mes amitiés.
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Message par Guthrie le Ven 2 Nov - 18:46

Merci d'avoir eu la gentillesse d'apprécier mes pattes de mouche.
Et dommage que vous ayez perdu votre réplique complète, nous aurions pu rebondir.
Mais internet, je sais, ne joue parfois de sales tours !!!
Tenez, en retour, Le Poème de Chausson par la Ginette (navré, je n'ai pas trouvé sous la direction de Munch)
Je vous mets aussi une autre version, plus récente, avec un meilleur confort d'écoute.

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Message par Herodote le Ven 2 Nov - 22:14

Cher Guthrie, Je viens d'écouter les deux versions du Poème de Chausson.Certes, la version ancienne par Neveu m'a ému parce que j'ai revécu, le temps où la salle du Vieux Conservatoire accueillait parfois pour nous des gens comme Munch. Et Ginette Neveu dans ce chef d'oeuvre de Chausson( pas le seul. Il y a aussi une magnifique symphonie de lui, trop peu jouée) disciple de César Franck, ce qu'on n'oublie jamais de mentionner,alors que pour Vincent d'Indy, qui le fut autant, on le laisse marcher tout seul. Ces grands musiciens (ce trio fantastique Franck, Chausson, d'Indy) c'est passé comme à la trappe. Que de grande musique accumulée, pourtant ! Je ne sais si c'est la surcharge mais mon clavier ne se répercute pas ou mal sur l'écran. Merci encore. Et comptez, non au nom des Dieux et des Prophètes , des gens comme Bach, Beethoven, Berlioz et Ravel (pardon à tous les grands autres, la liste serait longue) mais au nom de ceux qui savent toujours nous rendre heureux. Alors que les bondieuseries (en tous genres) ne nous valent que massacres, haines, guerres etc. Ce sont là nos vrais grands exemples; car la Musique est l'Art abstrait parfait secret et complet. je me répète sans doute. La version de Charlier dirigée par Repin est fort belle et, vous aviez raison, bien plus confortable d'écoute. Faites moi penser, quad nous nous rencontrerons de nouveau à vous conter deux anecdotes sur Munch et peut-être trois si le temps ne nous est pas trop compté. Amitiés. Bonne soirée. Faites
de beaux rèves (sans doigt d'honneur!). Je vous serre la main.
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Message par Guthrie le Ven 2 Nov - 22:24

Oui, comme vous dites, Chausson, d'Indy, Franck sont passés à la trappe. On pourrait aussi citer Chabrier, qui aimait à hanter les cafés concert de Montmartre avec son gros cigare, et qui passait des nuits entières à jouer sur les bastringues. Chabrier a laissé des pièces pour piano d'une grande beauté pourtant ; je pense à son Feuillet d'album ou à La Bourrée Fantasque. Oui, toute cette musique fauviste, impressionniste, a vraiment apporté de nouvelles perspectives aux musiciens qui ont suivi. Et comme vous dites, la liste serait trop longue : Resphigi, Fauré, mais aussi les Anglais avec Finzi, Vaughan Williams ou Walton. Ah... on pourrait en parler des heures !!! Merci pour votre message. Et heureux de vous avoir procuré le plaisir escompté avec Le Poème de Chausson. Je vous tends également ma main en vous souhaitant le bonsoir.
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Message par Herodote le Ven 2 Nov - 23:28

J'ai pris le temps de raconter à une amie, par courriel tout à fait privé, donc hors-forums, que grace à un jeune homme (?) j'avais pu écouter le 'poème" de Chausson, par Ginette Neveu, et par Olivier Charlier

Je sais ses gouts et elle va m'envier C'est à vous que je dois cet instant d'enchantement dont le thème si beau me chante encore dans la tête comme, dans sa pureté, lors de l'exposition liminale par le violon seul.

Encore merci et bonne nuit, pleine de jolies choses, Guthrie.
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Message par Guthrie le Ven 2 Nov - 23:42

Merci de cet honneur, Hérodote.
Ainsi vous parlez de moi à vos conquêtes ?
Wink
Jeune, oui, à 38 ans je pense qu'on peut encore avoir la coquetterie de se prévaloir de l'adjectif.
Même si la jeunesse est une affaire de coeur et d'esprit, et vous en êtes le plus vibrant exemple.
Encore une fois vous me voyez comblé de vous avoir contenté avec ces quelques videos.
Merci à Chausson et à ses interprètes.
Internet est vraiment magique !

Bonne nuit.
Que vos rêves vous transportent tout autant !
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Message par the loner le Sam 3 Nov - 0:03

Merci à vous deux pour ce dialogue éclairé sur la beauté de la musique. celle qui nous élève, nous unit et nous rapproche de la vraie lumière.
Bonne et douce nuit à vous.
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Message par Guthrie le Sam 3 Nov - 0:26

Merci pour ce mot gentil, The Loner.
Une excellente nuit également à toi.
Et bon GY!BE pour demain. Wink
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Message par the loner le Sam 3 Nov - 0:33

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Message par Herodote le Sam 3 Nov - 10:04

"Mes conquètes" ?
Seigneur, suis-je en état de conquérir quelqu'un un ou quelque chose ?
Je ne le sohaite pas d'ailleurs, l'"intendance" ne suivrait pas !
Cete dame, au demeurant charmante à tous égards, a l'âge d'être ma fille et même, en m'y étant pris tôt, ma petite-fille. Mes arrière petites-filles ont l'âge de ses filles, en gros. Mais c'est une personne à laquelle je voue un infini respect, car elle est la "netteté" même, la loyauté même, ce qui est rare. Et l'élégance morale même, tout en étant un modèle de liberté de penser et de dire, sans jamais être triviale ni choquante, bref, une personne comme on en rencontre une fois dans sa vie( j'exclus ma pauvre épouse, qui était du même genre et qui m'a quitté après cinquante ans de bonheur partagé. Paix à ses cendres.).
Au moment où je tape ces mots, devinez ce que diffuse France-Musique : Ernest Chausson, (le "concert pour quatuor à cordes" qui a ceci de particulier d'incorporer un piano) C'est émouvant comme du Chausson.
J'ai écouté, grâce à vous, Chausson hier, j'en ai longuement parlé avec mon amie, cette femme remarquable, et voici qu'en prenant mon petit déjeuner, je trouve Chausson qui m'attend !
38 ans , c'est le bon âge pour tout. Vous n'êtes pas encore (cela viendra dans sept ou huit ans) au stade où vous verrez , au lointain, peu inquiètant alors, le lac noir de votre mort, dont vous ne saurez jamais à quelle distance il se trouve de vous, mais qui ne vous quittera plus --on s'y fait -- et qui marquera que votre liberté doit s'épanouir ou au contraire se rabougrir en une sorte de résignation que je n'ai jamais pratiquée pour ma part. C'est aussi l'âge où on a comptabilisé assez d'erreurs pour en faire le sédiment de notre progression. C'est l'âge,enfin de la complête forme physique avec quelques petits maux qui vont et viennent comme des chatouilles de la Vie et dont on ne sait si on doit rire ou s'"inquièter.
Vous pourriez être mon fils et même mon petit fils. j'ai une petite-fille (adoptive) qui a 40 ans ! Que je suis vieux! Je vous sais gré de ne pas me le rappeler tout le temps. C'est si amusant de s'en prendre au "vioque" parce qu'il est (du moins le suppose-t-on) sans défense. J'ai eu à subir plusieurs fois cette manière de lâcheté. Cela ne rend pas plus noir le tableau d'une humanité au service de laquelle je me sens toujours quand même requis.
Ne serait-ce que par la muique que je donne autant que je le puis (ma retraite me contngente...) à ceux qui me font l'honneur de ne pas voir sur mes traits qu'un masque à la Ramsès II.

Trève de mots. Puisque vous avez une adresse mail, peut-être vous écrirai-je un jour. "Songe que chaque jour qui luit est pour toi le dernier. Plus duce surviendra l'heure que tu n'auras pas espérée". Ces deux vers d'Horace que fit gaver Montaigne sur une poutre de sa "librairie", me vont comme un gant. Alors ? Rien n'est certain. Que la Beauté. Que je n'imagine pas comme recouvrant le mal, comme je n'imagine pas la laideur vernissant le Bien.

Mon gout de la Musique est sas doute une nouvelle tentative de joindre l'éthique à l'esthétique. Beaucoup s'y sont essayés en termes savants. Je le vis à chaque instant de ma vie. Et vous y avez participé. Soyez-en remercié encore.

Avec toutes mes amitiés.
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Message par Guthrie le Sam 3 Nov - 12:43

J'imagine votre plaisir, Hérodote. Avoir le matin un petit Chausson pour tremper dans son café, que demander de plus ! Vous dites que votre goût de la musique est sans doute une nouvelle tentative de joindre l'éthique à l'esthétique, eh bien j'en suis au même stade. Je ne sais jusqu'où nous mèneront ces échanges mais je sais que sans ce jeu de ping-pong rien ne serait sorti. Chacun apportant sa petite pierre, son ressenti, ses images passées, présentes ou futures, et tout ça infléchit sur les pensées de l'autre et donne matière à réaction. Pour cela internet est magique, même si ce n'est là au fond qu'une représentation virtuelle de l'échange, cet échange que l'on se doit de pratiquer dans la vie extérieure et quel qu'en soit le domaine. Demeurer enfermé dans ses petites vérités, c'est vivre comme un Robinson sur une minuscule île qui, d'heure en heure, se fait grignoter par l'érosion à vitesse x1000 ; la fin est prévisible, le gars tombera à la baille, se noiera et finira dans l'estomac d'un grand requin blanc. Mais je suis en train de déboulonner des portes ouvertes, nous sommes sur ce point tous d'accord, c'est ce qu'ouvertement nous cherchons au travers de nos échanges cybernétiques : explorer, avancer, se métamorphoser (et se livrer à un petit combat amical de temps à autre, le western a aussi de bons côtés !) Merci de jouer le jeu, Hérodote. Et merci à tous de jouer le jeu. Bon, bon, avant que la modération ne m'envoie les huissiers à la maison pour digression aggravée, revenons à Ravel.
On dit qu'il faut tuer le père. Dans cette pièce Ravel bouffe littéralement son professeur et maître Gabriel Fauré. A la fin il n'en restera rien, quedal, niet, la police scientifique est formelle, elle n'a pas même retrouvé un poil ou une cellule morte. C'est vraiment l'impression que ça donne. L'impression d'un coureur cycliste échappé du peloton depuis 50 kilomètres qui se fait rattraper par un autre cycliste. Et ce dernier, en le dépassant, lui donne en prime une petite tape sur le haut du cuissard comme pour lui dire : "Bravo ! Bien joué, coco. Maintenant c'est à moi !" Je ne sais pas comment, à l'écoute du truc, Fauré l'a pris. Mais à sa place je ne m'en serais pas remis. Quelle modernité ! Et le bazar date de 1902. Boudidiou...

Quatrième et dernier mouvement du Quatuor en Fa.
Accrochez vos ceintures !!!

Guthrie
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