Ravel : le maître enchanteur

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Message par Herodote le Ven 9 Nov - 14:18

Je ne sais si mon Père aurait apprécié le compliment, si je l'avais traité de "Scarlatti!". Il aurait compris "scarlatine" étant donné que ma soeur enchainait les maladies de l'enfance les unes après les autres coqueluche, oreillons, rougeole, rubéole,varicelle, etc.) alors que moi je n'en ai jamais eu aucune. N"allez pas en déduire que ma résistance aux maladies infectieuses est un brevet de longue vie. Ma soeur a 89 ans et à part son allure de cor de chasse, noble instrument s'il en fut, elle a laissé tout le monde derrière elle.Mais il est vrai que dans notre famille les femmes, il faut les abattre au canon (résumé des âges de mes aieules et de leurs collatérales : 92,93,90, bientôt 90, etc...) alors les hommes, pauvres petites brindilles fragiles, ballotées par les vents, dont je suis le "doyen" familial (explication tendancieuse autorisée, mais tendancieuse quand même), n'ont guère dépassé (à part moi) 70 ans,
67 ans, 48 et pour l'un de mes frands pères, 37 ans !) C'est dire qu'il faut profiter de moi tant que je suis là, et de ce côté, on profite, on profite..

Les betteraves, je comprends. Je les adore mais c'est un culte qui n'est pas réciproque. Une fourchettée, une gélule d'Imodium, vous voyez ce que je veux dire. Pourquoi n'essayez-vous des "betteravels" qui vous ouvrirait des horizons sur Balzac, à condition que vous preniez la cousine Bette avec. Mais ça, ça doit mieux passer. J'apprécie ce que vous écrivez aileurs quoique je trie, je trie énormément. Pas dans vous.
Notamment votre passage sur la morale (que je préfère appeler "moralité", cette forme fréquentative la ridiculisant encore plus) Hureusement qu'il y l'ami Mathieu pour nous rappeler à la "légalité". Chacun sa tasse de thé et ce n'est pas la mienne. Là aussi j'ai déjà donné...

Après le tombeau de Couperin, que nous reste-t-il pour occuper le terrain musical avec Ravel. Le"Boléro" ? pourquoi pas ? ce n'est pas parce qu'on l'a entendu que cela en fait de la mauvaise musique.Ah, dirigé par Munch. Merci pour votre clin d'oeil initial. je vous en rends deux.
Bonne journée à vous.

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Message par Guthrie le Ven 9 Nov - 23:48

Allez, Hérodote et tous, un peu d'oxygène !!!
La Sonatine.
Et jouée par Claude Helffer, spécialiste en musique impressionniste !

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Message par Herodote le Sam 10 Nov - 9:27

J'aime, dans cette Sonatine, le caractère très fluide et et incontestablement impressionniste (renforcé encore par le pianiste) qui permet d'articuler l'oeuvrette ( je ne parle que de la durée) en une multitude de parties avec toujours le meme lien, celui de l'école Debussy-Monet.
Mais je vais vous suprendre peut-etre un peu : j'aime aussi beaucoup que cette fluidité se développe dans cete ambiance ambigue, renforcée par les illustrations aux traits longilignes dont on se demande, si ce n'était pas l'effet des maillots (rouges, couleur de l'amour) s'ils sont là pour enretenir l'ambiguité ou pour la résoudre en un seul sens. Certes il y a des poitrines esquissées, mais il y a aussi un rtour de main sur le devant qui cacherait une éminence, et de dos c'et encore plus flagrant. Et cette musique, pourtant riche et variée qui projette son génie ambigü au point qu'on se demanderait presque si ce touhe-à-y tout de Cocteau n'aurait pas prêté la main à la composiion de la sonatine. Je sais bien que l'on était au temps de "La Garçonne" de Victor Marguerite (soigneusement interdite par la censure, mais achetée quand même par trois cent mille lecteurs). Les autres oeuvres de Ravel sont déterminées nettement, mais celle-ci, sans importance dans les opus du Maître est capable d'équivoque. Au fait, je ne sais s'il a entretenu des relations d'artiste avec Jean Cocteau. Il n'en pas beaucoup entretenu, de toutes façons. C' est d'autant plus remarquable de retrouver ce grand talent pianistique au secours d'une ambiguité qui ne lui était pas familière. Peut-être tout l'impressionnisme porte-t-il cette marque... Chi lo sa ?
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Message par Guthrie le Sam 10 Nov - 15:03

Mon cher Hérodote, j'ai en effet été surpris de votre corrélation entre cette sonatine et les maillots/sous-vêtements d'époque. Je l'ai été d'autant devant cette Garçonne, et je vous en remercie, car elle était totalement inconnue au bataillon pour moi. Je ne connaissais pas Victor Margueritte. Un petit tour sur Google m'aura permis de mieux capter ce à quoi vous faites référence. Or je vois que la publication de ce roman (sulfureux ?) date de 1922 alors que la composition de Sonatine se situe entre une fourchette 1903-05. Croyez bien que mon but n'est pas de pointer un anachronisme ou de me draper derrière une ridicule histoire de dates. D'abord, 15 ans, qu'est-ce que c'est dans un siècle ? Et pour vous prouver ma bonne foi, la fois dernière j'ai moi-même posté un dessin de costume datant de 1929 alors que j'avais en tête la musique de Daphnis et Chloé située entre 1909-12. Non, non, là n'est pas mon propos. J'essaie de voir ce que vous avez vu. Et pour ce faire, il y a un nom que vous avez cité auquel je vais me raccrocher car il fait chez moi tout de suite image, c'est le nom de Cocteau.

Si vous voulez dire, derrière la beauté indéniable de Sonatine, que vous notez un certain maniérisme, une pose, quelque chose qui se rapprocherait d'une tenue vestimentaire (d'où votre maillot rouge) trop guindée, je vous entends. Ravel était certainement le plus élégant de nos musiciens impressionnistes, toujours tiré à quatre épingles, costume trois pièces, pardessus col fourrure. Il accordait beaucoup (trop) de soin à sa personne. Est-ce que ce maniérisme vestimentaire apparaît de temps à autre dans son discours musical, au point de se transformer en préciosité ? Sûrement, oui. Ravel a une écriture ciselée et sans doute parfois trop. Il pourrait encourir les mêmes reproches qu'essuyait un Giraudoux dans sa façon de concevoir l'acte poétique. Le poétique chez Giraudoux est dans le petit détail : la doryphore cacochyme, la coccinelle qui a perdu une aile, ou, comme dans Electre, le hérisson qui traverse la route pour aller faire de l'autre côté l'amour des hérissons, au risque de se faire écrabouiller en chemin par une voiture, tout ça pour représenter Electre par le hérisson et la voiture le roi Egisthe qui cherche à l'assassiner. La différence est que chez Giraudoux c'est un personnage de mendiant bourré qui déroule ces métaphores, d'où le comique. Peut-être que chez Ravel ce maniérisme trop léché se fait souvent au détriment de l'humour, d'une ironie souriante ? Mais je ne suis pas sûr d'avoir bien retranscris votre idée de départ...

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Message par Herodote le Sam 10 Nov - 15:33

Il y a de ça, Ami Guthrie. Mais ce manièrisme à la Cocteau n'aurait pas suffi à faire la carrure de Ravel. L'ambiguité dont je parle est dans l'apparition en ces temps-là de deux attitudes simultanées : la ligne bleue des Vosges et Lautréamont. La virilité et la fémino-masculinité. Il me semble retrouver les deux jouant les unes avec les autres dans cette Sonatine, illustrées de silhouettes dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles seraient aujourd'hui équivoques.
On m'a laissé lire la "Garçonne" de Victor Marguerite, puisée dans la bibliothèqe familale. je devais être en 6 è ou en 5 è. Mon père qui se piquait de faire enrager sa belle-mère (ma si bonne et pieuse grand-mère) en me montrant qu'il m'éduqait pour" la vraie vie" comme il disait, me laissait lire ce que je voulais. Ainsi ai-je lu vers les mêmes âges l"Aphrodite" de Pierre Louÿs. Avec illustrations en gravures sur bois, très éloquentes. J'ai même été amoureux de la petite flûtiste Myrtocléia, dont je me rappelle jusqu'aujourd'hui le nom!

C'est le sens que je voyais à l'ambiguité de Ravel. Vous faites bien de donner des détails sur sa vêture. Ils confortent le ressenti que j'éprouvais en écoutant cette petite merveille, sautillante et alanguie à la fois (encore l'ambiguité). Ce n'est pas l'habitude que le grand musicien nous a donnée.

Mais merci de m'avoir répondu si longuement. (La Garçonne était effectivement sulfureuse.Mais je n'en ai pas ressenti le soufre. J'étais vacciné, louange à mes parents ! Je pense qu'il y avait plus de plus libéraux que maintenant, où on peut tout casser sauf les conventions !
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Message par Guthrie le Sam 10 Nov - 15:58

Ah, excusez-moi, j'étais à côté de la plaque !
Oui, oui, je vous entends fort bien maintenant.
Et à vous lire - paf ! - j'ai tout de suite eu cette image :

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Le côté androgyne de Rimbaud, je pense aussi comme vous que Ravel devait l'avoir et pas seulement dans le souci vestimentaire. Et peut-être encore plus prononcé que chez Rimbaud ! Vu que le Ravel n'a jamais eu d'aventure que ce soit avec le sexe opposé ou avec gens de même sexe que lui. Enfin bref... il était asexué pour dire les choses crûment. De là, j'imagine que la part féminine de sa personnalité devait être proportionnellement plus grande que chez les autres hommes. En plus, artiste, donc constamment porté sur l'esthétique de toute chose, ça ne fait qu'accentuer la moitié féminine.
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Message par Herodote le Sam 10 Nov - 19:32

Je suis intéressé par cet aspect des choses, surtout en matière artistique.
je ne connais rien de la vie intime de Ravel . Mais je devine à son oeuvre qu'il devait être très peu porté sur cet aspect rocailleux des amours. La mutilation de son ami, qui engendra le concerto pour la main gauche a dû lui paraître insupportable et s'il a écrit son Concerto (splendide d'ailleurs!) c'était pour remplacer le bras droit de son ami. Je ne pense pas au delà, mais je dénote par là l'humanisme profond de Ravel, qui, en tant que Franc-Maçon, me touche infiniment.
Etait-il la réplique de Rimbaud ? L'aventure de celui-ci avec Verlaine prouve au delà de ce qui est généralement sussurré, que Rimbaud était dans une phase homosexuelle à ce moment. Après, en naviguant en trafiquant d'armes dans le golfe d'Aden, il a peu de chance d'en être sorti. Le "bateau ivre" est un thème qu'eût exploité Ravel avec toute son esthétique, n'était le comportement ébrieux de la machine. Car Ravel savait se tenir, ce que Rimbaud, du haut de tout son génie, ne savait pas. Je vois plus Ravel inspiré par Baudelaire ou Verlaine que par le petit Arthur si mignon qu'il ait été. Les "correspondances" du premier était la palette du grand Musicien. Masi toujours avec cette tenue qui n'appartient qu'à lui et qui a dû le rendre si malheureux quand il s'est vu déchu de sa suprême élégance artistique.

Je pense à son Concerto pour la main gauche. Qui a dû le faire souffrir techniquemnt et esthétiquement tant et tant... Cher Guthrie, j'ai eu (cela n'était pas arrivé depuis au moins deux ans), tous mes peits enfants autour de moi cet après-midi. Un seul garçon parmi cette avalanche de filles! J'étais heureux et eux aussi, je crois. Je les ai gâtés tant que j'ai pu. Ils m'aiment très fort et c'est ainsi un terme trop faible pour vous dire combien je les aime. Ils sont repartis dans leurs coins respectifs, après la fin des vacances. Je me sens "orphelin" maintenant qu'ils sont partis, poussés par l'horaire, qui du train, qui de l'avion. Mon silence n'et pas dû à autre chose. Merci de m'avoir écrit.
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Message par Guthrie le Sam 10 Nov - 20:25

D'accord sur l'accointance spirituelle Baudelaire-Ravel et Verlaine-Ravel.
Comme nous l'avons évoqué maintes fois dans le fil, Ravel, mélancolique au sens maladif du terme, est plus en phase avec l'univers de ces deux-là. Non, par ce célèbre portrait de Rimbaud, je voulais, de manière figurative, éclairer un versant de sa personnalité qui pourrait se définir ainsi : toujours tendre à la perfection, une recherche permanente de l'esthétisme porté parfois jusqu'à la préciosité. Pour l'âme, bien d'accord, elle est noire. Mais un mélancolique, comme vous l'avez dit si bien, qui savait se tenir ; un mélancolique qui se faisait du mal au lieu de l'infliger aux autres.

Je suis heureux que vous ayez pu goûter ces instants de bonheur cet après-midi avec les vôtres.
Voilà à quoi la vie devrait plus souvent ressembler.
Et nous avons la musique, ici ou ailleurs, pour remplir ce trop-plein de vide.
Allez, comme Baudelaire vous aurait invité au voyage, je vous invite à La Valse :

Dans la pièce suivante, tel un DJ aux platines ou un ingé son, Ravel se saisit de cette danse à 3 temps, rendue célèbre entre autres par les Strauss, et lui tord sauvagement le coup. C'est un véritable remix. Ravel avouera avoir entendu sa musique en rêve. Ce qui donne lieu, encore, à des situations fantastiques et improbables. Vous noterez, jusqu'à 0.40, la grande ressemblance de l'intro avec la musique du film Jaws (Les Dents de la Mer) ; on voit où John Williams va puiser ses idées !
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Message par Herodote le Sam 10 Nov - 22:59

Cher Guthrie,

je viens de sortir un peu. Eh oui ! A mon âge, je ne puis rester enfermé sans prendre l'air. Mes petits -enfants sont adorables, leurs parents aussi (et mon petit fils, Iwann, un nom bien celtique, hyper-adorable), mais dès qu'ils ne sont plus là, je sens une impression de vide...

Merci pour cette "Valse" qui a gout d'une valse, ma femme et moi ayant dansé dessus un soir où nous avions mis le disque, il y a lontemps. Les trois temps y étaient. Rien n'y manquait si ce n'était l'élaboration de la valse, qui n'est pas que de l'air coupé en trois avec la baguette du 1er temps a droite en bas, et ainsi de suite. Le chef (Je n'ose croire que c'est Ozawa) énergique, manie tout cela avec des sonorités de félin en rage. On est loin des convenus concerts du Nouvel An que tous les grands cefs du monde ont dû honorer de leur présence (ça fait vendre!).
Cette sauvagerie peut inspirer John Williams, auteur de la musique d'un film dont je n'arrive pas à me rapeler le titre. C'est l'histoire d'une révolte d'esclaves noirs en route vers l'Amérique et cela porte un nom espagnol en un seul' .Ca y est, ça me revient :"Amistad" !. je suis très peu cinéphile et n'aime que la musique, la sculpture, les lettres (surtout anciennes) la peinture , le (bon) théatre, mais j'étais toujours fourré au cinéma étant très jeune (bien plus pour y chercher des aventures que pour les films). Depuis, je n'y vais plus jamais. Comme je ne regarde jamais la télévision, strictement jamais, comme je ne lis aucun journal, je vis avec la musique et la beauté. C'est tout un, me direz-vous.

Et puis Ravel, quand sa valse est organisée et qu'elle préside elle-même à sa naissance, il la coince dans un coin et la ravage. Les deux dernières minutes sont sublimes car il déchire sa valse, irrémédiablement.

De quoi plaire à Rimbaud, qui détruisait tout ce qu'il touchait. Mais non pas à Verlaine qui s'envolait dans "Sagesse" . Mais comme vous le faites si justement remaquer, l'esthète Ravel ne détruisait rien sauf lui-même dans un tourbillon interieur, largement invisible à l'oeil nu et qui lui laissait toute sa "tenue". .

J'ai passé un moment de merveille avec cette valse lumineusement interprêtée. Je vous suis tès reconnaissant de m'avoir offert ce cadeau qui plairait à Iwann, mon petit-fils si chéri, qui fait de la danse classique et de l'escrime et qui travaille à l'école de façon "impressionante" pour répéter la formule de sa Directrice. Ce sont des écoles de "tenue" précisément. Il n'en a pas moins profité pour me glisser dans la poche au moment où nous nous disions au revoir, un papier où sont inscrits les jeux et jouets qu'il souhaiterait avoir pour Noël ! Il sait qu'avec moi, c'est gagné ! Bonsoir, Ami et merci encore .
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Message par Guthrie le Sam 10 Nov - 23:25

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Le chef - moi aussi j'ai cru au début que c'était Ozawa - c'est Myung-Whun Chung, actuellement à la tête du Philarmonique de Radio France. Je pense qu'il a dû succéder à Marek Janowski.

Mais c'est détail, ce qui m'intéresse ce sont ces phrases que vous avez écrites :

Et puis Ravel, quand sa valse est organisée et qu'elle préside elle-même à sa naissance, il la coince dans un coin et la ravage. Les deux dernières minutes sont sublimes car il déchire sa valse, irrémédiablement.

Vous avez réussi en deux phrases à restituer la puissance évocatrice qui se libère de cette valse. Chapeau bas, l'artiste ! Et j'adore quand vous dites qu'il déchire sa valse. C'est exactement ça ! Puis celle-ci m'a beaucoup plu également, on dirait qu'elle vient en écho :

l'esthète Ravel ne détruisait rien sauf lui-même dans un tourbillon interieur, largement invisible à l'oeil nu et qui lui laissait toute sa "tenue".

Là, on a tout ! Ravel et la valse ne font qu'un. Ah merci, Hérodote, oui merci ! C'est un plaisir de discuter avec vous car vous ne faites pas semblant de discuter. Vous vous livrez corps et âme et c'est ça qui est bon ! En plus vous avez joint au tourbillon de cette vasle effrénée les rayons de votre quotidien. Encore une fois merci pour cette réponse. Je vous souhaite bonne nuit, Hérodote. Ce fil grâce à vous n'est pas terminé, oh non, loin de là !!!


Dernière édition par Guthrie le Dim 11 Nov - 22:04, édité 2 fois (Raison : trop de sauce, pas assez de viande)
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Message par Paulati le Sam 10 Nov - 23:29

J'ai voulu écouter la Valse, mais mon ordinateur n'est pas coopératif. Tant pis, je l'écouterai demain, en vous lisant plus attentivement.
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Message par Herodote le Sam 10 Nov - 23:46

Dommage, chère Paulati, d'autant qu'on y voit un gros plan sur une flûte traversière qui se transporte au delà de la construction de la "valse" de RaveL
Il en existe une autre sur la même vidéo par Bernstein. Ce ne doit pas être mal non plus.
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Message par Guthrie le Sam 10 Nov - 23:49

J'espère que ton ordinateur sera moins retors demain.
Merci d'être passée, Paulati.
Je te fais un bisou.
Bonne nuit.
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Message par Paulati le Sam 10 Nov - 23:52

Tout le plaisir est pour moi!
Bisou aussi Guthrie!
Très bonne soirée, Herodote
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Message par Herodote le Sam 10 Nov - 23:59

Bonne soirée ? c'est bien votre génération, ça !

Moi je vais dormir avec Ravel, Baudelaire, Rimbaud et ...Berlioz en tête, et je vous souhaite à Guthrie et à vous de très beaux rèves esthétiques et roboratifs !
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Message par Paulati le Dim 11 Nov - 0:00

Oh, comment dit-on dans votre génération?
Bonne nuit, faites de beaux rêves, à bientôt...?
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Message par Herodote le Dim 11 Nov - 0:04

Comme ça exactement. Et la vôtre, de génération aussi sûrement. Mais on ne le dit pas à la même heure !

Je vous embrasse très grand-paternellement et cette fois-ci, je vais dormir !
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Message par Paulati le Dim 11 Nov - 0:07

Alors "bonne nuit" est approprié!
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Message par Guthrie le Dim 11 Nov - 12:02

Avec ce truc pour quatuor, harpe, flûte et clarinette, le maître enchanteur nous ouvre encore sa porte sur les merveilles.

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Message par Herodote le Dim 11 Nov - 20:56

Ravissant !
Il n'y a pas d'autre mot pour décrire ce mille-feuilles plus que savoureux de tendres feulles vives et de gouttelettes scintillantes. et la bonne idée de joindre la partition est un plus que peu d'éditeurs consentent à faire.
Contrairement à "la Valse" d'hier, rien n'y est mélancolique, tout est effusion multiple avec n'importe qui et n'importe quoi.
Merci, cher Guthrie, d'avoir apporté ceci au capital ravelien que vous entretenez si bien.
Avez-vous trouvé quelque chose de plus lumineux que cette inroduction et allegro pour harpe?
En lisant en même temps la partition, spécialement les portées réservée à la harpe, on goûte deux fois plus cette friandise délicate.

Et la harpe y apparait bien comme un instrment majeur et non seulement comme un accompagnement de chansons, plus ou moins dépareillées, mais comme un instrument de plain-pied ave les autres instruments de l'orchestre. Cette harpe, à Tara, assista à l'agonie de l'Irlande libre dont une partie seulement l'est redevenue, ce qui fait que la harpe a été l'emblême des nationalistes irlandais, et que la harpe est toujours dans les armes de la couronne britannique (jusqu'à quand, l'Ulster sera-t-il colonisé, comme Peyrefitte voulait qu'on le fasse pour un bout d'Oranie rattaché à la France pendant que le reste de 'Algérie serait indépendante?). Oui, la harpe est bien un instrument à part entière et on le sait, sans le reconnaître, depuis Gluck. Ravel aura aussi servi à cette nécessaire réhabilitation, dont seul, chez nous, avant lui, Boieldieu avait osé écrire un concerto pour ce noble instrument. C'est ce qui subsiste de lui avec la brève "Dame Blanche, dont on a surtout retenu l'ouverture.

Merci de ces minutes dont le ravissement mériterait mieux qu'une parenthèse isolée sur un sujet d'un Forum parmi d'autres qui s'inscrivent pour tout autre chose. Merci Guthrie.
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Message par Guthrie le Dim 11 Nov - 21:35

Je me doutais bien, vous Celtique, que vous aviez un faible pour la harpe. Très heureux, Hérodote, que cette pièce vous ait transporté vers des contrées lointaines, ou pas si lointaines d'ailleurs, sans doute avez-vous des paysages de Bretagne à l'esprit quand vous entendez de la harpe. C'est fort bien tout ça ! Bon bon, eh ben, puisque vous aimez la harpe utilisée comme instrument central en musique de chambre, je vous propose un truc d'André Caplet. Avec Caplet, pas de HS possible, on reste dans l'impressionnisme. Le bonhomme a même côtoyé de très près la paire Ravel/Debussy ; Debussy lui ayant même fait à plusieurs reprises l'honneur de lui confier le rôle d'orchestrer ses pièces pour piano. L'oeuvre que je vous propose est Le Conte Fantastique, inspirée du Masque de la Mort Rouge d'Edgar Poe. Nous serons forcément dans des couleurs un peu plus sombres - et je m'en excuse, peut-être c'est pas le style de truc que vous auriez voulu après le savoureux "mille-feuilles" ravélien comme vous l'avez si joliment nommé. Pourtant, la pièce de Caplet est loin d'être indigeste. Et je pense qu'elle peut se parer de votre adjectif lumineuse.

Pour ce Conte Fantastique, donc, vous l'entendrez, Caplet utilise la harpe à contre-emploi. Si d'habitude, avec ses glissandi et son timbre cristallin, la harpe a tendance à nous évoquer la verte Irlande et ses cours d'eau, ses cascades, bref en un mot un onirisme champêtre, Caplet lui donne ici le rôle de symboliser la mort ; indiquant même au musicien, à un moment dans la partition, de frapper sur la table avec la paume de sa main comme s'il jouait d'une percussion. Le truc étant en deux parties, je vous mets les deux videos à la suite.

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Message par Herodote le Dim 11 Nov - 23:20

Etes-vous si sûr que Caplet utiiise la harpe à contre-emploi ? La "verte Erin" n'est pas que la patrie de la répresson et de la famine. Elle aussi a "sa" mort. Et je m'autorise de ma qualité de pur Breton (mon fils a fait des recherches généalogiques et je n'ai rien dans mes origines qui ne soit breton si ce n'est, une tradition rapportée par ma soeur qui nous trouve des ancêtres ...irlandais, ce qui rassemble un peu plus le côté celtique.) pour vous rappeler que l'Enfer, de feu dans les civilisations méditerranéennes où l'on souffre de la chaleur qui brûle les moissons et assoiffe les troupeaux, est chez nousn un large lac froid, infini et calme , imperturbable, comme le mystère de la Mort, et qui a une divinité qui préside à son rôle d'autre monde; Et cette divinité qui s'appelle Ana, est celle qui attire le mourant qui a beaucop fauté vers ce séjour glacé et perpétuellement mouillé, qui le noie , en lui faisant endurer les souffrances de la noyade éternellement; C'est à cela qu'on doit sans doute le culte que les Bretons vouèrent très tôt à Sainte-Anne, grand-mêre de Jésus, qui l'abrita durant sa longue absence de l'Evangile...en Bretagne. Le phonème "ana" est en sanscrit à l'origine de bien des mots modernes : un, an, toujours symboles d'unicité; et de toutes ls formes dérivées dans les langues indo-européennes : one, ein, etc. Cette Ana serait tout à fait à sa place dans Edgar Poë, lui-même d'origine celtique ne serait-ce que par son suffixe ('comme Daniel De Foë, né à Dublin !) et qui nus a donné tous les "noë" qu'on pronconce ncore "noue" dans nos campagnes..
Je trouve dans la thématique du début de ce très beau poème pour harpe de Caplet un vague reflet de Franck. vous allez dire que c'est une manie et spécialement de "Rédemption". mais vous avez raison l'impressionnisme exsude de partout, m'évoquant , j'en demande pardon à Ravel, plus Debussy que lui. Morceau de choix, morceau de roi, que je vous dois d'avoir connu, car je ne le connaissais pas ce qui m'a permis de l'assimiler à ma mythologie celte, quoique je doute que Caplet ait des origines tangibles de par là. (mais, après tout, la Gaule, cela allait au delà des Alpes, était celtique).
je vous sais gré infiniment d'avoir un nouvel horizon à mon celtisme militant.
Savez-vou deux choses : l'une c'est qu'il y a un " centre breton" à Londres ("Breton Center"), non loin de la gare Victoria, l'autre que l'une de mes petites-filles dont nous avons fêté la majorité légale hier et qui est en deuxième année de Scences Po, Paris, fait depuis lngtemps, de la...harpe celtque. Et de plus elle se prénomme Morgane, la fée magicienne qui "enchanta" Merlin dans les fin-fonds de Brocélande.
Merci , vous comptez le nombre de mercis que je vous dois, mon cher Guthrie, de toutes ces attentions dont j'espère qu'elles vous fournissent autant de bonheur qu'à moi.
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Message par Guthrie le Dim 11 Nov - 23:36

Hérodote, vous avez raison, Caplet n'a pas utilisé la harpe à contre-emploi.
Je ne savais rien de la divinité Ana.
Vous m'apprenez ce soir son existence.
Et à votre description de comment les ancêtres de votre région voyaient l'Enfer, cela me fait penser au Styx, à Charon, à Pluton.
En tout cas, n'en doutez pas une seconde, je prends toujours plaisir à vous lire.
Il y a échange.
Et c'est tout ce qui nous intéresse ici.
Ravel est un merveilleux prétexte.
Et d'après ce que je sais de vous à présent, et de votre petite-fille Morgane harpiste, je pense que nous pourrons d'ici une semaine ou deux en finir avec ce fil et ouvrir un autre consacré à la musique classique anglaise.

Merci de me répondre tel que vous le faites, avec vos yeux de chair et d'esprit.
Je vous souhaite une excellente nuit, Hérodote.
Wink
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Message par Paulati le Lun 12 Nov - 14:33

Je viens enfin d'écouter cette valse. J'en suis encore toute retournée...
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Message par Herodote le Lun 12 Nov - 15:29

Toute retournée ? Retounez-y !
Cette valse, qui est le titre "la Valse" donné par Ravel lui-même qui montre bien qu'il n'a pas voulu composer une valse mais paraphraser sur la naissance de la valse, cette chose à trois temps qui faiait fureur à son époque (Il aurait sûrement écrit, de nos jours, un "Le rock" avec autant de génie, mais sans référnce à autre chose qu'à la Musiqe qu'il entendait dans sa pauvre tête), cette valse, donc est un exercice musical poussé. il analyse la valse, il la décortique, et il la jette ensute( cf. mon commentaire plus haut) Il n'a pas composé une valse mais il a composé sur le sujet "la valse". Ré-écoutez -là et vous en verrez la naissance...et la mort brutale.
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Message par Guthrie le Lun 12 Nov - 18:24

Merci Paulati d'être passée nous voir.
Et pour clore ce petit paragraphe consacré à la harpe, voici une pièce du compositeur anglais Arnold Bax. Le bonhomme a vécu une grande partie de sa vie en Irlande, je crois même qu'il y est mort, et sa musique célèbre les vertes plaines et les côtes irlandaises. Le pièce s'intitule Elegiac Trio, et comme son nom l'indique c'est un trio pour harpe, alto et flûte.

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